Accra, la capitale du Ghana, s’est transformée en point de convergence d’une nouvelle génération d’acteurs africains engagés pour la démocratie. La ville a accueilli la session inaugurale du Parlement panafricain des jeunes pour la démocratie, une initiative qui entend renforcer la participation des jeunes aux décisions publiques et leur permettre de contribuer directement aux débats sur l’avenir démocratique du continent.
La rencontre s’est tenue du 3 au 5 août 2026, co-organisée par la Fondation de l’innovation pour la démocratie, à l’initiative du Parlement panafricain des jeunes, le Parliamentary Network Africa et la National Youth Authority du Ghana, avec le soutien du Parlement ghanéen et de plusieurs partenaires institutionnels et diplomatiques.
Venus de plusieurs régions d’Afrique et de la diaspora européenne, 13 des 14 jeunes parlementaires élus lors d’un scrutin en ligne organisé du 3 au 9 juillet 2026 ont pris part aux travaux. Ils ont été rejoints par une délégation de jeunes Ghanéens. Pendant trois jours, les participants ont échangé autour du thème « Une démocratie qui mise sur l’énergie des jeunes ».
Les discussions se sont articulées autour de trois axes : miser sur l’énergie de la jeunesse, faire confiance aux jeunes pour changer le monde et leur donner les ressources nécessaires pour agir. Les échanges ont notamment porté sur la participation politique des jeunes, les défis démocratiques, les conflits et l’insécurité, la désinformation, le changement climatique et l’accès à des moyens de subsistance dignes.
Pour Ngang God’swill, jeune parlementaire élu pour l’Afrique centrale, cette dynamique doit permettre à la jeunesse de prendre toute sa place dans le développement du continent. « Je fais confiance à la jeunesse pour porter le développement dont ce continent, et mon pays, le Cameroun, ont urgemment besoin », affirme-t-il.
Du Burkina Faso, Julia Somé, parlementaire élue pour l’Afrique de l’Ouest, insiste sur l’importance des échanges entre jeunes Africains. « Notre génération a une force particulière : nous avons la possibilité de nous rencontrer au-delà des frontières, de croiser nos expériences et de transformer nos différences en intelligence collective », souligne-t-elle.
Badal Fohmoh, du Cameroun, repart également avec une conviction renforcée. « Je rentre avec la certitude que les lignes bougent », témoigne-t-elle.
Même constat pour Thomas Obeng Danso, membre de la délégation ghanéenne. Après trois jours de travaux, il estime avoir acquis de nouvelles perspectives et rencontré d’autres jeunes leaders. Surtout, il retient une nécessité : « Les jeunes ne doivent pas seulement être considérés comme les leaders de demain, mais doivent également avoir une voix significative dans la prise de décision aujourd’hui ».
Les participants ont décidé de mettre en place un groupe de travail consacré aux conflits et à l’insécurité sur le continent. Celui-ci bénéficiera notamment de l’appui de Mpule Kgetsi, ancienne Ambassadrice de la jeunesse de l’Union africaine pour la paix en Afrique australe. Bonolo Makgale, spécialiste sud-africaine de la démocratie, de la gouvernance et de l’engagement citoyen, a également proposé de faciliter les liens entre ces jeunes et d’autres parlementaires ou initiatives du Parlement panafricain.
Le choix d’Accra revêt par ailleurs une forte portée symbolique. Premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance en 1957, le Ghana demeure associé à l’histoire du panafricanisme, notamment à travers la figure de Kwame Nkrumah. La tenue de cette rencontre au mois d’août prend une dimension supplémentaire, puisque ce mois est consacré à la jeunesse au Ghana et précède la Journée internationale de la jeunesse du 12 août.
À l’issue des travaux, les jeunes parlementaires ont signé un communiqué final annonçant la préparation de la Déclaration d’Accra, dont la présentation officielle est prévue le 15 septembre 2026, à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie. Le document devrait notamment porter sur la participation des jeunes aux décisions publiques, la lutte contre la désinformation, l’accès à l’énergie et à des moyens de subsistance dignes ainsi que les défis climatiques.
À Accra, les bases d’un nouvel espace de participation démocratique ont ainsi été posées. Une dynamique portée par une jeunesse africaine qui entend désormais faire entendre sa voix, non plus seulement comme la génération appelée à diriger demain, mais comme une force capable d’agir dès aujourd’hui.