Le Centre national de coordination du mécanisme de réponse à l’alerte précoce (CNCMR), avec l’appui d’Expertise France, a organisé mercredi 26 juin à Yamoussoukro un atelier consacré au renforcement de la coordination des mécanismes territoriaux d’alerte précoce et de réponse en Côte d’Ivoire. Cette rencontre a réuni des membres du corps préfectoral ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la prévention et la gestion des crises.
L’objectif principal de cet atelier est de consolider la collaboration entre les différents intervenants impliqués dans la détection précoce des risques et la mise en œuvre de réponses adaptées face aux menaces sécuritaires, sociales, climatiques ou communautaires. Les échanges ont porté sur l’amélioration des dispositifs de collecte, d’analyse et de transmission des informations stratégiques afin de favoriser une réaction rapide et efficace en cas de crise.

À l’ouverture des travaux, le directeur du CNCMR, le Dr Yoman Ekanza Gabriel, a rappelé que la structure qu’il dirige a été créée en 2016 dans le cadre de la décentralisation du système communautaire d’alerte précoce de la CEDEAO. Il a souligné que le mécanisme national d’alerte précoce et de réponse (MAP) constitue aujourd’hui un outil essentiel pour l’identification des risques et le renforcement de la sécurité humaine.
Selon lui, la phase pilote du projet, lancée en juin 2024 dans la région de la Mé, a enregistré des résultats satisfaisants avant son achèvement en octobre 2025. Le dispositif est actuellement en cours de déploiement dans la région des Grands-Ponts, avant son extension progressive aux autres régions du pays.

Pour sa part, le représentant d’Expertise France, Krou Serge, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le CNCMR dans le cadre du Projet d’appui à la CEDEAO pour la paix, la sécurité et la gouvernance. Ce programme, mis en œuvre par le consortium GIZ–Expertise France et financé par l’Union européenne ainsi que la République fédérale d’Allemagne, apporte un soutien technique et financier destiné à renforcer l’efficacité du système d’alerte précoce en Côte d’Ivoire.
Représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le directeur général de l’Administration du territoire, Ibrahima Bayo, a insisté sur la nécessité d’adopter une approche davantage orientée vers l’anticipation des risques. Face aux défis sécuritaires, climatiques, sociaux et économiques auxquels le pays est confronté, il a estimé que la prévention doit désormais occuper une place centrale dans l’action publique.

« L’urgence n’est plus seulement à la réaction, elle est désormais à l’anticipation », a-t-il déclaré, invitant les préfets à jouer pleinement leur rôle dans l’identification des signaux précurseurs de crises au sein de leurs circonscriptions administratives.
Les participants ont également examiné les conclusions de la rencontre de Jacqueville tenue en avril 2026, partagé leurs expériences de terrain et formulé des recommandations visant à améliorer l’opérationnalisation du dispositif au niveau local.
À travers cette initiative, les autorités ivoiriennes entendent consolider un système national d’alerte précoce performant, capable de prévenir les crises, de renforcer la résilience des territoires et d’assurer durablement la sécurité des populations sur l’ensemble du territoire national.