À seulement 17 ans, Moïse Kouame s’est offert son premier titre sur le circuit Challenger après sa victoire à Brest face à Martin Damm au tie-break du troisième set. Il arrive en confiance avant le Rolex Paris Masters, qui débute dès lundi. Il sera 132e mondial au classement. Des temps de passage digne des tout meilleurs.
L’espoir français Moïse Kouame, 176e joueur mondial à 17 ans, a remporté dimanche au Challenger de Brest son premier tournoi sur le circuit secondaire, en battant en finale l’Américain Martin Damm (105e). Révélation du dernier Roland-Garros, où il avait atteint le troisième tour, le Francilien s’est imposé 6-4, 6-7 (5/7), 7-6 (7/4) sur le court indoor breton.
À deux points de boucler la finale en deux manches, le protégé de Richard Gasquet a fait preuve d’un sang-froid assez incroyable pour empocher le tie-break final sept points à quatre. Ivre de joie, il est resté de longues secondes allongé sur le dos.
Numéro 176 avant cette épreuve, il sera 132e au prochain ranking. Au même âge, seuls deux joueurs possédaient un meilleur classement: Rafael Nadal (41e) et Roger Federer (123e). Même Carlos Alcaraz était derrière.
Après la folie Roland-Garros, où il avait atteint le troisième tour, Moïse Kouame avait un peu marqué le pas. Une tournée en Asie n’avait pas été couronnée de succès. Et il avait échoué au premier tour des qualifications à l’US Open. Mais dès qu’il évolue sur le sol français, il se sent pousser des ailes. Après avoir franchi un tour à l’ATP 250 de Lyon, il a vécu une semaine fantastique à Brest.

Il rejoint au passage au palmarès un certain Roger Federer, qui avait triomphé en 1999. Le « môme » est étonnant par sa maturité. Coach depuis peu d’Hugo Gaston à Brest, Guy Forget se trouvait au bord lorsque son poulain a affronté Moïse Kouame. L’ancien numéro 4 mondial a été impressionné par le jeune tricolore.
« Il a déjà des qualités physiques, une frappe de balle digne des 20 meilleurs joueurs du monde, assure-t-il.
« Il est déjà très développé, il est très stable sur ses appuis. Et il a une qualité qu’ont peu de joueurs, mais qu’a Arthur Fils, des garçons comme ça, c’est de faire avancer la balle très vite sur un coup de raquette et de pouvoir mettre un adversaire en grande difficulté en un coup. Tout ce que l’on lui prédit finalement c’est un futur intéressant parce qu’on se projette sur ce qu’il sera dans six mois, un an et je peux vous garantir dans un an il sera bien plus fort qu’aujourd’hui et dans deux ans probablement encore plus fort. Je ne sais pas où se situent ces limites mais pour l’avoir parlé un petit peu avec Richard Gasquet aussi, il part d’une base vraiment très intéressante. »
À la lutte pour décrocher une place pour le Masters Next Gen (un tournoi réservé aux huit meilleurs joueurs de la saison, âgés de moins de 21 ans), il grimpera lundi aux alentours de la 130e place du classement ATP, le meilleur classement de sa jeune carrière.
Kouamé doit désormais enchaîner en disputant le tableau final du Masters 1000 de Paris (2 au 8 novembre), pour lequel il a reçu une invitation des organisateurs. Il affrontera l’Espagnol Alejandro Davidovich Fokina, sacré à Shanghai, au premier tour.
Parmi les dix Français présents au premier tour de l’ultime Masters 1000 de la saison, Kyrian Jacquet (79e) et Titouan Droguet (72e) ont appris dimanche l’identité de leur premier adversaire: il s’agira du qualifié tchèque Tomas Machac (71e) pour le premier, et du Slovaque Alex Molcan (80e), également issu des qualifications, pour le second.
Bonzi, Droguet, Jacquet et Gea seront accompagnés dans le tableau final à Paris par leurs compatriotes Arthur Fils (8e), Ugo Humbert (38e), Quentin Halys (45e), Luca Van Assche (46e), Arthur Rinderknech (61e) et donc Moïse Kouamé (176e).
AFP