Le Parlement algérien a approuvé, dimanche 25 octobre 2026, l’envoi de militaires au Niger pour protéger les intérêts stratégiques et énergétiques du pays. Cette décision marque un tournant dans la doctrine militaire d’Alger, qui n’avait plus officiellement déployé de troupes à l’étranger depuis la guerre israélo-arabe de 1973.
Les deux chambres du Parlement ont donné leur feu vert à l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) sur le territoire nigérien, lors de sessions extraordinaires à huis clos. Le Conseil de la nation, la chambre haute, a voté en faveur du texte avant son adoption par l’Assemblée populaire nationale (APN).
Cette décision intervient après la signature, le 21 octobre, d’un protocole d’accord entre Alger et Niamey visant à renforcer leur coopération militaire et sécuritaire. L’opération doit notamment permettre de « protéger les intérêts énergétiques » de l’Algérie.
Parmi les objectifs évoqués figure la protection du bloc pétrolier de Kafra, situé dans le département de Bilma, dans le nord du Niger, et exploité par le groupe algérien Sonatrach. Le site représente un enjeu économique important pour Alger, qui entend développer ses activités d’exploration pétrolière dans cette zone frontalière.
L’éloignement de ces installations des principales bases militaires complique toutefois leur sécurisation. Le déploiement pourrait ainsi contribuer à protéger les infrastructures, les équipements et les personnels engagés dans les projets énergétiques.
Les modalités précises de l’opération, notamment les effectifs concernés et sa durée, n’ont pas été officiellement détaillées.

Cette décision constitue une évolution majeure pour l’Algérie, traditionnellement attachée au principe de non-intervention de son armée à l’étranger. La révision constitutionnelle de 2020 a toutefois ouvert la possibilité d’engager des unités militaires hors des frontières nationales, sous certaines conditions et avec l’approbation du Parlement à la majorité des deux tiers dans chaque chambre.
Le Niger fait face à de multiples menaces sécuritaires, notamment les attaques de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, les activités de groupes armés et les trafics transfrontaliers. Les infrastructures pétrolières sont également exposées à des actes de sabotage.
Dans ce contexte, la coopération entre Alger et Niamey pourrait s’étendre au partage de renseignements et au renforcement des capacités de surveillance dans les zones désertiques.
L’Algérie avait déjà accru son soutien sécuritaire au Niger ces derniers mois, notamment par l’envoi de moyens aériens. Cette nouvelle étape traduit un rapprochement entre les deux pays, alors que les autorités nigériennes restent prudentes à l’égard de l’installation durable de forces étrangères, après le départ des militaires français et américains en 2023.