Le renforcement des infrastructures scientifiques, la mutualisation des ressources technologiques et la formation des chercheurs sont au cœur du colloque scientifique de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), ouvert vendredi 23 octobre à Abidjan-Adiopodoumé, autour du thème « Recherche, Innovation et Biotechnologie en santé ».
La conférence inaugurale, intitulée « De la paillasse au lit du patient : recherche, innovation et biotechnologie au service de la santé », a été animée par le professeur Gordon Awandare, vice-recteur de l’Université du Ghana et directeur-fondateur du WACCBIP, sous la modération du professeur Serge Eholié, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales.
Dans son intervention, le professeur Awandare a insisté sur la nécessité d’améliorer les infrastructures et la gouvernance des institutions scientifiques africaines pour accroître la qualité de leurs travaux. « Il ne faut pas miser sur la quantité, mais avant tout sur la qualité », a-t-il souligné, encourageant les jeunes chercheurs à publier dans des revues scientifiques internationales de premier plan.
Il a également évoqué les défis liés à la formation aux niveaux Master et Doctorat et à la fuite des cerveaux. Son institution parvient ainsi à maintenir sur le continent 80 % de ses diplômés de Master et 90 % de ses docteurs.

De son côté, le professeur André Offianan Touré, directeur scientifique de l’IPCI, a plaidé pour la mutualisation des ressources technologiques afin d’améliorer la surveillance sanitaire. Il a notamment préconisé la création d’une plateforme commune dédiée à la surveillance génomique de routine.
« Elle nous permettra de mieux suivre l’évolution du paludisme, du VIH et d’autres pathologies prioritaires », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de disposer d’outils performants pour anticiper les menaces sanitaires.
Le colloque entend également moderniser la gouvernance scientifique, intégrer les enjeux émergents, notamment l’intelligence artificielle, et placer la formation des jeunes chercheurs au rang des priorités.
Présente aux échanges, le professeur Solange Kakou, chef du département Technique et Technologie (DTT), a appelé à une plus grande rigueur dans les pratiques scientifiques et à un engagement accru en faveur du développement national.
« Il faut une nouvelle gouvernance, améliorer la pratique scientifique et travailler pour la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré, rappelant que les travaux des chercheurs doivent produire des résultats concrets pour les populations.
Au terme des échanges, les participants ont souligné qu’une recherche scientifique de qualité, soutenue par des infrastructures modernes et des ressources humaines qualifiées, constitue un levier essentiel pour apporter des réponses durables aux défis sanitaires de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.