« Regards croisés sur les stratégies de performance économique des pays côtiers en comparaison aux pays de l’AES », c’est le thème qui était au centre de la table ronde de la Bloomfield Review, le 27 octobre dernier à Abidjan. A cette occasion, plusieurs experts de la finance ont échangé sur les enjeux de coopération et des perspectives de développement dans un contexte de recomposition des relations politiques.
Modéré par Stanislas Zézé, fondateur de Bloomfield Intelligence et initiateur de cette rencontre, les discussions ont permis de jeter un regard sur les résultats croisés des études de Bloomfield Intelligence et d’Interglobe Conseils sur les trajectoires des nations ouest-africaines.
Les analyses émises ont permis de mettre en avant les perspectives des économies côtières, comme celles de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Sénégal, avec celles des pays de l’AES, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Lors des échanges, les panélistes indiquent que si les pays côtiers bénéficient de leur accès aux ports maritimes, cela demeure un atout pour les échanges commerciaux internationaux. À l’inverse, les pays sahéliens, restent davantage tributaires de la coopération régionale pour accéder aux marchés extérieurs et assurer leurs approvisionnements.
Par ailleurs les discussions ont montré que malgré les ruptures politiques et les recompositions diplomatiques, les pays de l’AES conservent des capacités de développement et peuvent, dans certains cas, afficher des performances économiques supérieures à celles d’autres pays de la région.
Sur le front budgétaire, l’AES affiche néanmoins des ratios surprenants. En 2025, sur les trois critères de premier rang de l’UEMOA, le Mali (-2,7 % de déficit) et le Burkina Faso (-2,9 %) sont en règle, tandis que le Togo (-3,6 %) et le Sénégal (-7,9 %) dérapent.
De même, la dette publique sahélienne reste contenue (42 % au Niger, 49 % au Mali, 53 % au Burkina), bien loin des 123 % du Sénégal. Côté recettes, le Burkina mobilise 20,3 % de son PIB hors dons, rivalisant avec le littoral.
Au-delà des divergences diplomatiques, l’intégration régionale apparaît ainsi comme un levier essentiel pour renforcer les échanges, soutenir les économies nationales et préserver les perspectives de développement.
La question n’est donc pas tant de savoir si les pays ouest-africains doivent coopérer, mais plutôt de déterminer les formes de coopération les mieux adaptées à leurs intérêts respectifs.
Les participants ont notamment évoqué l’importance d’évaluer les partenariats à partir de critères concrets, tels que les investissements directs étrangers (IDE), le volume des échanges commerciaux et les transferts de technologies.
Une approche qui permettrait aux États de mieux mesurer les retombées réelles de leurs relations économiques et de privilégier les partenariats créateurs de valeur.