Une fusillade d’une rare violence a endeuillé le Canada mardi 10 février. Dix personnes, dont l’assaillant présumé, ont été tuées dans un collège-lycée et dans une résidence voisine à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. Vingt-sept autres personnes ont été blessées, dont deux grièvement, selon les autorités. Il s’agit de l’une des tueries les plus meurtrières survenues dans le pays ces dernières années.
Les faits se sont déroulés vers 13 h 20, heure locale, dans cette petite localité isolée d’environ 2 300 habitants, nichée au pied des montagnes Rocheuses et réputée pour son tourisme de plein air. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué avoir reçu un premier signalement faisant état d’un tireur au sein de l’établissement scolaire.
À leur arrivée, les forces de l’ordre ont découvert six corps à l’intérieur du collège-lycée. Deux autres victimes ont été retrouvées dans une résidence située à proximité. Une neuvième personne, grièvement blessée par balle, est décédée lors de son transfert vers l’hôpital. L’individu soupçonné d’être l’auteur des tirs a été retrouvé mort dans l’établissement, apparemment des suites d’une blessure qu’il se serait infligée lui-même.
Au total, 27 personnes ont été blessées, dont deux se trouvent dans un état grave. Les élèves et le personnel ont été évacués dans la foulée.
« La coopération rapide de l’établissement, des premiers intervenants et des habitants a joué un rôle crucial dans notre intervention », a déclaré Ken Floyd, responsable de la GRC, décrivant une « scène épouvantable » à l’arrivée des policiers. « Cette journée a été incroyablement difficile et éprouvante sur le plan émotionnel pour notre communauté », a-t-il ajouté.
Les autorités n’ont pour l’heure communiqué ni l’identité ni les motivations de l’auteur présumé. Selon plusieurs médias canadiens, il s’agirait d’une femme, mais la police a refusé de confirmer ces informations, annonçant la tenue d’une conférence de presse en fin de journée mercredi.
Au moment des tirs, les élèves ont reçu l’ordre de se confiner. Darian Quist, un lycéen, a raconté se trouver en cours de mécanique lorsque l’annonce a été diffusée par haut-parleur. D’abord incertain de la gravité de la situation, il a compris l’ampleur du drame en recevant des images alarmantes.
« Nous avons pris des tables et barricadé les portes » pendant plus de deux heures, a-t-il expliqué, jusqu’à l’intervention de la police venue les escorter hors de l’établissement.
Sa mère, Shelley Quist, très émue, a confié : « On pense que ce genre de choses n’arrive jamais. Je ne vais pas le quitter des yeux pendant un moment maintenant. »
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, s’est dit « bouleversé » par cette « terrible fusillade ». Il a annoncé l’annulation d’un déplacement prévu en Europe, où il devait participer à la conférence de Munich sur la sécurité.
« Je me joins aux Canadiennes et aux Canadiens pour exprimer ma sympathie à ceux dont la vie a été bouleversée à jamais aujourd’hui, et pour saluer le courage et l’altruisme des premiers intervenants qui ont risqué leur vie pour protéger leurs concitoyens », a-t-il écrit sur le réseau social X.
La municipalité de Tumbler Ridge a, de son côté, affirmé qu’« aucun mot ne pouvait exprimer la douleur que notre communauté ressent ce soir ».
Contrairement aux États-Unis voisins, les fusillades de masse et les attaques en milieu scolaire restent exceptionnelles au Canada, où l’accès aux armes d’assaut est strictement encadré.
Cette tragédie constitue la deuxième tuerie scolaire la plus meurtrière de l’histoire du pays, après l’attentat antiféministe de l’École polytechnique de Montréal, qui avait fait 14 morts le 6 décembre 1989.
Elle intervient moins d’un an après une autre attaque meurtrière en Colombie-Britannique : en avril 2025, onze personnes avaient été tuées à Vancouver lorsqu’un homme avait foncé avec son camion dans une foule rassemblée pour un festival culturel philippin.