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Les producteurs ivoiriens de cacao réclament une réforme du mécanisme de fixation des prix

Au centre des échanges, la question de l’efficacité du mécanisme actuel de fixation des prix mis en place par le

À Abidjan, les acteurs clés de la filière cacao se sont réunis autour d’un atelier national de plaidoyer consacré au mécanisme de fixation des prix, un enjeu crucial pour l’avenir du secteur. La rencontre s’est tenue ce jeudi 23 avril 2026, à l’initiative de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD), avec le soutien de la Délégation de l’Union européenne en Côte d’Ivoire.

Premier producteur mondial de cacao, le pays tire une part essentielle de son économie de cette filière stratégique. Pourtant, les producteurs, en particulier les petits exploitants, continuent de faire face à des revenus précaires, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés internationaux, les effets du changement climatique et les exigences croissantes en matière de durabilité.

Au centre des échanges, la question de l’efficacité du mécanisme actuel de fixation des prix mis en place par le Conseil du Café-Cacao. Si ce dispositif vise à garantir une certaine stabilité, de nombreuses voix estiment qu’il doit évoluer pour mieux répondre aux réalités des producteurs.

Selon Solidaridad, qui accompagne les acteurs du secteur depuis plusieurs années, les attentes des producteurs sont désormais clairement identifiées. Pour sa directrice pays, Olive M’Bahia, « ce plaidoyer est le résultat de trois années d’échanges avec les producteurs ». Elle souligne que « l’objectif est de faire entendre leur voix auprès des décideurs et de favoriser un cadre de dialogue inclusif autour du prix du cacao ».

Les producteurs demandent en priorité une meilleure transparence dans la formation du prix bord champ, ainsi qu’un barème simplifié et plus accessible. Ils plaident également pour que leur part atteigne au moins 70 % du prix CAF, afin de garantir une répartition plus équitable des revenus.

La mise en place d’un prix plancher pluriannuel constitue une autre revendication majeure. Une étude d’Inades-Formation estime le coût minimum de production à 1300 FCFA par kilogramme. En dessous de ce seuil, les producteurs opèrent à perte. D’où l’appel à un mécanisme qui protège durablement leurs revenus.

Les acteurs présents ont aussi insisté sur la nécessité d’un système transparent de partage des hausses exceptionnelles des prix sur le marché international, ainsi que sur un renforcement de la gestion des risques liés aux fluctuations monétaires et commerciales. Certains producteurs ont notamment évoqué l’intérêt d’une commercialisation en euro, jugée plus stable que le dollar.

Prenant la parole, le producteur Désiré Adon a mis en avant les progrès réalisés grâce aux formations reçues. Il a expliqué qu’aujourd’hui, les producteurs sont davantage en mesure d’évaluer leurs coûts de production, contrairement à une période où ces données étaient peu maîtrisées, notamment en raison du faible niveau d’alphabétisation en milieu rural.

Au-delà des aspects techniques, les participants ont insisté sur la nécessité d’instaurer une concertation économique permanente, intégrant pleinement les producteurs dans les processus décisionnels. Une évaluation indépendante annuelle du mécanisme de fixation des prix a également été proposée pour en améliorer la transparence et l’efficacité.

À l’issue des travaux, des recommandations concrètes seront formulées et adressées aux autorités, notamment au Conseil Café-Cacao. L’ambition est de bâtir un système plus équitable, capable de garantir un revenu décent aux producteurs tout en assurant la durabilité et la compétitivité de la filière cacao en Côte d’Ivoire.

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