La Côte d’Ivoire engage une nouvelle étape dans la modernisation de ses filières palmier à huile et cocotier. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a procédé, le 31 juillet 2026 à Grand-Béréby, au lancement officiel du programme intérimaire de développement de ces deux filières, prélude à la mise en œuvre de stratégies nationales de grande envergure.
Cette phase pilote, prévue pour la période 2026-2027, ambitionne de répondre aux principaux défis du secteur, notamment la faible productivité des plantations, le vieillissement des vergers, le déficit en matériel végétal performant et la dégradation des pistes agricoles. « Notre ambition est de reconstruire une filière coco sinistrée pendant trop longtemps », a déclaré le ministre.
Le programme prévoit la distribution de deux millions de graines germées de palmier à huile résistantes à la fusariose, de 100 000 semences améliorées de cocotier ainsi que la production de 1,6 million de plants certifiés. À terme, ces actions devraient permettre l’aménagement de 10 000 hectares de palmeraies et 625 hectares de cocoteraies. Par ailleurs, 40 tonnes d’engrais ont déjà été distribuées sur un objectif de 12 000 tonnes.
Les infrastructures rurales figurent également parmi les priorités, avec la réhabilitation de 2 000 kilomètres de pistes agricoles et la construction de 800 ouvrages de franchissement, afin de faciliter l’accès aux plantations et l’évacuation des récoltes.
Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie nationale évaluée à 1 077 milliards de FCFA. Ce vaste programme vise à améliorer l’accès des producteurs aux intrants, aux plants certifiés, au crédit et aux équipements, tout en renforçant les capacités locales de transformation. En parallèle, plus de 100 000 hectares de nouveaux vergers de cocotiers devraient être créés au cours des dix prochaines années pour redynamiser une filière confrontée au vieillissement des plantations.
Le président du Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco, Félix Anoblé, a, pour sa part, invité les pépiniéristes à privilégier la production de plants certifiés et a insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation locale afin de créer davantage d’emplois, de valeur ajoutée et de revenus pour les producteurs.