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Xi Jinping : « La Gouvernance de la Chine », le récit d’une résilience d’État

À l’occasion de l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique 2026, l’ouvrage « Xi Jinping : La Gouvernance de la

À l’occasion de l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique 2026, l’ouvrage « Xi Jinping : La Gouvernance de la Chine » offre une lecture de la trajectoire politique, économique et sociale de la Chine contemporaine. Son cinquième volume expose les priorités revendiquées par l’État chinois : continuité politique, modernisation, réforme, innovation, prospérité commune et ouverture au monde.

En septembre 2024, lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), le président Xi Jinping a annoncé que 2026 serait l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique. Cette année marque également le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des premières relations diplomatiques entre la Chine et un pays africain, l’Égypte, en 1956.

Dans ce contexte, « La Gouvernance de la Chine » constitue un document permettant de comprendre le récit politique porté par les dirigeants chinois. Son cinquième volume défend notamment la poursuite de la modernisation à la chinoise et l’édification d’un pays socialiste moderne.

Le récit proposé part d’une histoire marquée par les crises. Guerres de l’opium, invasions, guerre civile, famines et Révolution culturelle sont présentées comme autant d’épisodes ayant profondément marqué la trajectoire nationale.

La résilience devient ainsi un fil conducteur. La Chine contemporaine est décrite comme un pays ayant transformé ses périodes de faiblesse en leviers de reconstruction et de puissance.

La direction du Parti communiste chinois occupe une place centrale dans cette conception de la gouvernance. Le concept d’« auto-révolution » du Parti est présenté comme un mécanisme permettant de lutter contre la corruption, de renforcer la discipline interne et d’adapter l’organisation aux nouvelles réalités.

Cette continuité est associée à une planification de long terme. Les ambitions de modernisation sont ainsi inscrites dans des horizons de plusieurs décennies, loin d’une logique limitée aux échéances immédiates.

La modernisation à la chinoise constitue un autre axe majeur. Elle est présentée comme une voie propre, qui ne reproduit pas mécaniquement les modèles occidentaux.

L’équation chinoise reste considérable : nourrir plus de 1,4 milliard d’habitants, accompagner l’urbanisation, maintenir une base industrielle puissante et améliorer les conditions de vie tout en préservant la souveraineté économique.

La sécurité alimentaire revêt, dans cette perspective, une dimension stratégique. La production céréalière est considérée comme un élément essentiel de l’autonomie nationale.

Le volume met également l’accent sur la transformation du modèle économique. Après plusieurs décennies de croissance portée par l’industrialisation et les exportations, l’accent est désormais mis sur l’innovation et les « forces productives de nouvelle qualité ».

Intelligence artificielle, biotechnologies, énergies nouvelles, agriculture moderne et économie numérique figurent parmi les secteurs associés à cette mutation. L’éducation, la recherche et la formation des talents sont présentées comme des ressorts essentiels de la compétitivité future.

Le projet de développement s’accompagne de la recherche d’une « prospérité commune », avec la volonté affichée de réduire les disparités entre villes et campagnes. Selon les statistiques officielles chinoises, 98,99 millions de ruraux sont sortis de la pauvreté absolue entre 2012 et 2020.

L’environnement constitue également une priorité. La construction d’une « belle Chine » traduit la volonté de concilier développement économique et protection écologique. La Chine s’est notamment fixé l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2060.

La modernisation militaire est, elle, présentée comme une garantie de la souveraineté nationale et comme une réponse aux expériences historiques de domination étrangère.

Sur le plan international, cette vision se prolonge par la promotion d’une « communauté d’avenir partagé pour l’humanité » et par le développement de partenariats à travers la Ceinture et la Route et le FOCAC.

Pour les 25 journalistes ivoiriens en formation à Pékin sur la communication omnimédia, comme pour les publics africains concernés par cette année d’échanges, « La Gouvernance de la Chine » offre ainsi une grille de lecture de la Chine contemporaine.

L’ouvrage n’est pas un récit neutre : il expose la vision politique et le projet de développement défendus par les autorités chinoises. Son intérêt réside notamment dans la manière dont il relie histoire, gouvernance, développement et ambitions internationales.

L’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique offre, à cet égard, un cadre pour confronter ce récit à d’autres regards et approfondir la compréhension mutuelle entre la Chine et le continent africain.

Par Ly Aimé

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