La Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation numérique de son administration en misant sur des infrastructures communes. Au terme de l’atelier national consacré à la priorisation des services publics numériques, les neuf groupes de travail ont dressé un constat largement partagé : procédures manuelles, systèmes fragmentés et données redondantes freinent encore la dématérialisation des services publics.
Les travaux ont permis d’identifier 102 services issus de 42 structures, avec pour objectif de constituer un portefeuille d’environ 100 e-services prioritaires, sélectionnés selon leur impact, leur faisabilité et leur caractère transversal. La participation a dépassé les prévisions, avec 47 structures représentées sur 49 attendues et 104 participants.

Les différents groupes ont relevé la persistance du traitement papier dans plusieurs administrations, ainsi que la répétition des informations demandées aux usagers, alors même que certaines données sont déjà disponibles auprès de l’État.
Parmi les recommandations figurent donc la simplification des procédures avant leur digitalisation, une meilleure association des usagers à la conception des services et l’interconnexion des plateformes.
Une priorité se dégage des travaux : la mise en place d’une identité numérique unique, à travers un « SSO national » adossé au Registre national des personnes physiques (RNPP) et au Numéro national d’identification (NNI).
Les participants préconisent également la généralisation de la signature et du cachet électroniques, la mise en place d’un système de paiement centralisé et d’un portail unique des services publics.

Pour les entreprises, l’approche proposée consiste à regrouper les différentes démarches au sein d’une chaîne de services cohérente, plutôt que de développer des solutions isolées.
L’atelier ouvre ainsi la voie à un socle commun d’infrastructures numériques, comprenant notamment l’identité, l’échange de données, les paiements, les services de confiance et les registres de référence.
L’objectif est d’éviter que chaque administration développe séparément les mêmes outils et de faciliter l’accès des citoyens aux services publics.
Cette stratégie doit contribuer à porter à 700 le nombre de services publics en ligne d’ici à 2028, avec l’ambition d’atteindre une administration « zéro papier » en 2030.
La prochaine étape consistera à consolider la liste des services prioritaires, identifier les réalisations rapides et définir les premières orientations de la feuille de route nationale des infrastructures publiques numériques.