Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a plaidé pour une gouvernance intégrée des frontières africaines, conciliant souveraineté des États, sécurité et libre circulation des personnes. Il s’exprimait lors de la conférence inaugurale de la troisième édition de l’Abidjan Border Forum (ABF), ce mardi 20 octobre 2026, au Parc des Expositions d’Abidjan, autour du thème: « Les peuples aux frontières : culture, intégration et sécurité ».
Dans son intervention, il a rappelé que le principe de l’intangibilité des frontières, consacré en 1964 au Caire par les dirigeants africains, ne doit pas empêcher le rapprochement des peuples. « Ce principe ne signifie pas pour autant la séparation radicale des États », a-t-il souligné, insistant sur la compatibilité entre le respect des frontières reconnues et le développement des échanges culturels, économiques et commerciaux.
Le président de la Commission de l’Union africaine a également souligné l’importance du Programme frontière de l’organisation continentale. Celui-ci accompagne les États membres dans la délimitation et la démarcation des frontières, la prévention des différends frontaliers ainsi que la promotion de la coopération entre les pays voisins.
Pour renforcer cette dynamique, Mahmoud Ali Youssouf a insisté sur la nécessité de valoriser les liens historiques et culturels des populations vivant de part et d’autre des frontières. Il a notamment préconisé le développement de corridors transfrontaliers et la modernisation des procédures aux postes-frontières afin de faciliter la circulation des personnes et de stimuler les échanges commerciaux. « Si l’on souhaite donner du sens à la Zone de libre-échange continentale, il nous faut lever les barrières à la libre circulation des biens et des personnes », a-t-il déclaré, appelant également à préserver et à valoriser les pratiques culturelles des communautés frontalières.
Toutefois, ces espaces restent exposés à des menaces telles que le terrorisme, les trafics illicites et la criminalité organisée. Face à ces défis, le responsable de l’Union africaine a appelé à une coopération renforcée entre les États voisins pour garantir la sécurité des populations et préserver la stabilité des zones frontalières.
Il a, par ailleurs, invité les États membres à ratifier les instruments juridiques continentaux relatifs à la coopération transfrontalière et à la libre circulation des personnes, notamment la Convention de Niamey de 2014 et le protocole de 2018 relatif à la libre circulation, au droit de résidence et au droit d’établissement.
Mahmoud Ali Youssouf a rappelé que « l’édification d’une Afrique pacifique, intégrée et prospère repose sans aucun doute sur une gestion intégrée des frontières ». Il a souhaité plein succès aux travaux de cette troisième édition de l’Abidjan Border Forum, afin que les échanges contribuent à faire des espaces frontaliers des lieux de paix, de stabilité, d’intégration et de coopération entre les États africains.
Fernandez Koffi