Les résultats définitifs des élections législatives israéliennes, publiés dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2026, placent le bloc soutenant le Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou, en tête avec 53 sièges sur 120. Un score insuffisant pour conserver seul le pouvoir, qui annonce de difficiles négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.
Le camp de Benyamin Netanyahou devance le principal bloc de l’opposition, conduit par le centriste Gadi Eizenkot, qui obtient 48 sièges, selon les chiffres communiqués par la Commission électorale. Le Likoud, parti du Premier ministre, demeure la première formation politique du pays avec 27 députés.
Cette configuration ne permet à aucun des deux principaux blocs d’atteindre la majorité absolue fixée à 61 sièges à la Knesset. Les tractations politiques s’annoncent donc déterminantes pour la constitution de la prochaine équipe gouvernementale.
Le scrutin, organisé mardi, était le premier depuis l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023. Il a enregistré une participation de 77 %, un niveau inédit depuis 1999, ainsi qu’une progression remarquable des formations politiques arabes. Les deux listes, Raam et la Liste unifiée, totalisent à elles seules 19 sièges.
Cette percée des partis arabes a toutefois suscité des tensions. Des responsables et des médias proches du camp de Benyamin Netanyahou ont relayé des accusations de financement en provenance du Qatar, qui aurait servi à acheter des voix. Des allégations rejetées aussi bien par Doha que par les formations politiques concernées.
Le chef de l’opposition, Gadi Eizenkot, a dénoncé une tentative de Benyamin Netanyahou de « délégitimer les résultats » du scrutin. De son côté, le service de renseignement intérieur israélien, le Shin Bet, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur de possibles irrégularités, tout en précisant qu’elle ne visait pas à incriminer l’ensemble d’une communauté ayant voté légalement.
La Commission électorale a également indiqué que certaines informations relayées étaient « entièrement infondées », précisant que l’enquête en cours n’aurait aucune incidence sur les résultats définitifs transmis aux autorités.
Les résultats officiels doivent être remis mercredi au président israélien, Isaac Herzog. Celui-ci engagera ensuite des consultations avec les représentants des partis élus avant de désigner une personnalité chargée de former le prochain gouvernement.
En l’absence de majorité clairement constituée, les discussions pourraient s’étendre sur plusieurs semaines. Un échec des négociations ouvrirait la possibilité de nouvelles élections législatives, une situation déjà connue par Israël au cours de son histoire politique.
Cette incertitude institutionnelle intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que Benyamin Netanyahou menace de relancer une campagne militaire contre l’Iran.