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Haïti : le Salvador déploie des forces spéciales après la disparition de quatre de ses militaires

Le Salvador a renforcé sa présence militaire en Haïti après la disparition de quatre de ses soldats, victimes d’une embuscade

Le Salvador a renforcé sa présence militaire en Haïti après la disparition de quatre de ses soldats, victimes d’une embuscade attribuée à des gangs armés le 18 octobre 2026. Le président salvadorien, Nayib Bukele, menace désormais les groupes criminels d’une vaste opération militaire si les militaires ne sont pas retrouvés vivants.

L’affaire prend une dimension internationale. Le 18 octobre, quatre techniciens militaires salvadoriens, membres de la Force de répression des gangs (GSF), ont été attaqués dans le quartier de Santo, à Croix-des-Bouquets, au nord de Port-au-Prince. Leur véhicule blindé a été pris pour cible par des tirs d’armes à feu et des explosifs, contraignant les occupants à fuir.

Depuis cette attaque, leur localisation et leur état de santé restent inconnus. Malgré plusieurs opérations de recherche menées par les forces internationales, aucune information confirmée n’a permis de les retrouver.

La situation s’est compliquée après la découverte de plusieurs corps calcinés dans la périphérie de la capitale haïtienne. Le quotidien américain The New York Times a évoqué la possibilité qu’il s’agisse des militaires disparus, tout en soulignant la nécessité d’analyses médico-légales pour établir leur identité. Le président Nayib Bukele a toutefois rejeté cette hypothèse, affirmant que les restes humains découverts ne correspondaient pas à ses soldats. De son côté, la GSF a indiqué ne pas être en mesure de confirmer leur identité.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un chef de gang connu sous le nom de Lanmò San Jou a, pour sa part, affirmé que les quatre militaires avaient été tués à la suite d’une erreur de positionnement dans une zone contrôlée par un groupe rival. Cette déclaration n’a cependant pas été vérifiée de manière indépendante.

Face à cette situation, Nayib Bukele a décidé de renforcer les opérations de recherche et de sauvetage. Selon plusieurs médias américains, des forces spéciales salvadoriennes ont été dépêchées en Haïti. Le Miami Herald a notamment fait état de l’arrivée de 100 militaires spécialisés, avant d’évoquer un déploiement pouvant atteindre 450 hommes. Ces chiffres n’ont toutefois pas été officiellement confirmés par le gouvernement salvadorien.

Le chef de l’État a également lancé un avertissement aux gangs, leur demandant de libérer les quatre militaires vivants, sous peine de subir une opération militaire d’envergure. « Nous avons déjà éliminé les gangs au Salvador, et nous pouvons aussi vous éliminer », a-t-il menacé sur le réseau social X.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la participation du Salvador à la Force de répression des gangs, créée par le Conseil de sécurité des Nations unies en octobre 2025 pour remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité dirigée par le Kenya. Prévue pour compter 5 500 membres, cette force ne dispose actuellement que d’environ 2 000 personnels issus de plusieurs pays.

L’intervention salvadorienne suscite néanmoins des interrogations chez les spécialistes. Contrairement aux gangs du Salvador, les groupes criminels haïtiens, notamment la coalition Viv Ansanm, disposent d’armes de qualité militaire, contrôlent de vastes territoires et imposent leur autorité sur les populations et les activités économiques.

Selon les Nations unies, les violences des groupes armés ont provoqué le déplacement de 1,5 million de personnes. Elles ont également fait plus de 5 700 morts et blessés entre janvier et la mi-septembre 2026, tandis que plus de 230 personnes ont été enlevées.

Pour plusieurs analystes, la stratégie de fermeté appliquée par Nayib Bukele dans son pays ne peut donc pas être transposée automatiquement en Haïti. Les réalités sécuritaires, politiques et institutionnelles des deux pays sont profondément différentes.

Cette crise intervient alors qu’Haïti tente de préparer ses premières élections générales depuis plus de dix ans, prévues le 13 décembre prochain, mais dont la tenue reste incertaine. L’issue des opérations de recherche des quatre militaires salvadoriens pourrait ainsi peser davantage sur les relations entre les acteurs internationaux engagés dans la stabilisation du pays et sur l’évolution de la situation sécuritaire.

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