Il est entré dans l’histoire le 20 août 2016, en une fraction de seconde et d’une tête. Ce soir-là, à Rio de Janeiro, Cheick Sallah Cissé devient le premier champion olympique de la Côte d’Ivoire et le premier champion olympique de taekwondo issu d’Afrique noire. Il avait 22 ans.
Né le 19 septembre 1993 à Abidjan, il grandit dans une famille baignée par le sport de combat. Son père pratique le taekwondo, une passion transmise naturellement au fils, qui va l’élever à des sommets inédits sur le continent. Très tôt remarqué pour son explosivité et son intelligence tactique, il développe un style unique, tourné vers le coup de tête décisif : celui qui allait, un jour, écrire l’histoire.

Sa victoire à Rio n’est pas un accident de parcours. Elle s’inscrit dans un palmarès total et cohérent : triple champion d’Afrique, double vainqueur des Jeux africains, champion du monde à Bakou en 2023. Un titre décroché en finale face au Mexicain Carlos Sansores, qui lui vaut le titre de meilleur athlète mondial de taekwondo de l’année. Aux Jeux de Paris 2024, malgré l’impossibilité de défendre son titre d’or, il monte sur le podium et décroche le bronze, devenant double médaillé olympique sur trois Jeux consécutifs.

Ce qui distingue Cheick Sallah Cissé, c’est le refus de choisir entre le corps et l’esprit. Diplômé de l’INJS de Côte d’Ivoire, il obtient également un MBA dans une école de commerce de Lyon. Trilingue, il parle couramment le français, l’anglais et l’espagnol ; il incarne une nouvelle génération d’athlètes africains pour qui l’excellence sportive et l’excellence intellectuelle ne s’opposent pas.

Depuis 2023, il siège au Conseil restreint de World Taekwondo et copréside sa Commission des athlètes. Le 3 décembre 2025, il franchit un cap historique en étant nommé membre de la Commission des athlètes du Comité International Olympique (CIO). Il est le troisième Ivoirien à rejoindre cette instance après Lassana Palenfo et Tidjane Thiam. Une reconnaissance planétaire pour un homme qui contribue désormais à façonner les politiques sportives internationales.

Sa fondation éponyme agit concrètement sur le terrain, à Abidjan, Tafiré, Odienné et Man, offrant aux jeunes Ivoiriens des camps d’entraînement, des équipements et une formation fondée sur ses valeurs : discipline, éducation, persévérance.
Officier de l’Ordre National, Commandeur de l’Ordre du Mérite Sportif, Docteur Honoris Causa : les distinctions s’accumulent pour un homme qui a fait du rayonnement de son pays une mission de vie.
À 32 ans, son regard est tourné vers Los Angeles où se dérouleront les Jeux olympiques 2028.