Après la suspension de ses exportations de mangues fraîches vers l’Union européenne, la Côte d’Ivoire engage des mesures pour renforcer sa filière et restaurer la confiance de ses partenaires européens. Face à la presse, le jeudi 15 octobre 2026 à Abidjan, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a présenté les actions prévues pour préparer la campagne 2027.
Au centre de ce dispositif, la lutte contre la mouche des fruits, responsable d’interceptions de cargaisons ivoiriennes sur le marché européen. Pour réduire la présence de ce ravageur, l’État prévoit une enveloppe de 3,5 milliards de FCFA destinée au traitement phytosanitaire des 20 000 hectares du verger national, répartis dans neuf régions productrices.
Plus de trois millions de pièges, ainsi que les produits nécessaires aux traitements, doivent être déployés avant la prochaine floraison. L’objectif est de protéger les récoltes et de garantir leur conformité aux exigences sanitaires des marchés de destination.
Le gouvernement prévoit également de renforcer les conditions d’accès à l’exportation. Pour la campagne 2027, 33 exportateurs et 34 stations de conditionnement ont été retenus, contre 15 exportateurs et 9 stations écartés du dispositif. Les expéditions de mangues par fret aérien sont également suspendues, selon les mesures annoncées.
Face à cette situation, Bruno Nabagné Koné affirme que la Côte d’Ivoire ne conteste pas la décision européenne, fondée sur les règles internationales de protection phytosanitaire.
« Le gouvernement ne conteste pas cette décision qui vise à protéger le territoire européen contre les organismes nuisibles conformément à des règles internationales que la Côte d’Ivoire a d’ailleurs adoptées. Nous avons décidé avec lucidité de tirer les leçons et de renforcer notre filière mangue », a-t-il déclaré.
Pour les producteurs et les exportateurs, l’enjeu est de préserver les débouchés commerciaux de la mangue ivoirienne. La campagne 2027 devra ainsi permettre d’évaluer les effets du dispositif engagé et les conditions d’une reprise des exportations vers l’Union européenne.
À travers ce plan, la Côte d’Ivoire entend donc corriger les insuffisances de sa filière et consolider sa place sur le marché européen.
YONA DIANHORÉ