Les États-Unis ont achevé ce mercredi 30 septembre 2026 le retrait de leurs dernières troupes d’Irak, mettant fin à la présence militaire américaine dans le cadre de la coalition internationale lancée en 2014 contre l’organisation État islamique. Ce départ ouvre une nouvelle étape pour Bagdad, confronté au défi de garantir seul sa sécurité et de reprendre pleinement le contrôle des armes.
Vingt-trois ans après l’invasion de l’Irak, les derniers soldats américains ont quitté le pays. Le Pentagone a annoncé la fin de l’opération « Inherent Resolve », nom donné à la campagne de la coalition internationale contre l’organisation État islamique en Irak et en Syrie.
Les quelque 2 500 militaires américains encore déployés en Irak ont quitté le territoire, conformément à l’accord conclu en 2024 entre Bagdad et Washington. La France a également annoncé le rapatriement de ses dernières forces engagées dans la coalition, tout en se disant disposée à poursuivre sa coopération avec les autorités irakiennes.
Le retrait intervient 23 ans après l’intervention américaine de 2003, qui avait renversé le régime de Saddam Hussein. Après plusieurs années de guerre et de violences intercommunautaires, Washington avait retiré ses troupes en 2011, avant de revenir en 2014 avec une coalition internationale pour combattre l’État islamique.
Cette période a profondément marqué l’Irak. Selon les estimations citées par le New York Times, près de 4 500 militaires américains et plus de 115 000 Irakiens ont été tués dans les violences liées à l’invasion et à ses conséquences.
Le conflit contre l’État islamique a également provoqué d’importants déplacements de population et des destructions dans plusieurs villes, notamment Mossoul, Falloujah, Tikrit et Kirkouk.

Le départ américain intervient par ailleurs sur fond de critiques persistantes concernant des abus commis durant l’occupation, notamment les tortures de détenus à la prison d’Abou Ghraib et des accusations d’exécutions extrajudiciaires.
La cérémonie organisée à Bagdad a symbolisé cette nouvelle étape. L’inscription « Siyaadat al-Iraq », qui signifie « la souveraineté de l’Irak », affichée à l’entrée, résumait le message porté par les autorités.
Mais la fin de la présence militaire internationale soulève également des interrogations sur la sécurité du pays. Les forces de la coalition ont notamment emporté leurs systèmes de défense antiaérienne, utilisés ces derniers mois pour contrer des attaques, particulièrement dans la région du Kurdistan.
Bagdad doit désormais renforcer ses propres capacités de défense tout en empêchant une éventuelle résurgence de l’organisation État islamique.
Autre enjeu majeur : le contrôle des armes. Le gouvernement irakien souhaite placer les différentes factions armées sous l’autorité de l’État. Certaines formations ont accepté le principe d’un désarmement, tandis que la Résistance islamique en Irak, regroupant plusieurs factions chiites, affirme encore poursuivre les négociations.
Le retrait américain marque ainsi la fin d’une longue séquence militaire, mais ouvre une période délicate pour l’Irak, appelée à consolider sa souveraineté tout en maintenant la stabilité de son territoire.