Le tambour parleur du peuple atchan, « Djidji Ayokwé », a été officiellement présenté à ses dépositaires, samedi 8 août 2026 à Adjamé, avant son transfert au Musée national des Civilisations de Côte d’Ivoire, après plus d’un siècle passé en France.
Après avoir été présenté à la Nation lors du défilé militaire et civil organisé vendredi 7 août 2026 à Yopougon, à l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le « Djidji Ayokwé » a effectué une halte symbolique sur la terre de ses ancêtres.

Le tambour sacré a été présenté à la chefferie centrale de la communauté ébrié, à la place Akosso Gban Hin, à Adjamé-village. La cérémonie s’est déroulée en présence du chef d’Adjamé-village, Nanan Nangui Boua Chérubin, ainsi que de plusieurs chefs des villages ébrié.
Représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé, le ministre, conseiller à la Présidence de la République, Laurent Tchagba, a conduit la délégation officielle, aux côtés de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck.
Fils de la communauté atchan, Laurent Tchagba a transmis aux chefs et aux populations les remerciements du Président de la République, Alassane Ouattara, et du Premier ministre pour leur collaboration au processus de retour de cette pièce emblématique du patrimoine ivoirien.
Selon lui, le choix de faire une halte à Adjamé avant le transfert du tambour au musée répond à la volonté de préserver son origine et de permettre au peuple tchaman de s’approprier pleinement son retour.

« Le Président de la République, en travaillant pour rassembler le patrimoine du pays, le fait sans oublier les communautés », a-t-il expliqué, soulignant que le « Djidji Ayokwé » est le premier des nombreux objets réclamés à regagner officiellement la Côte d’Ivoire.
Cette étape à Adjamé-village doit également permettre au peuple atchan de procéder aux rituels traditionnels liés au retour du tambour sacré. Ces rites visent notamment à renforcer la cohésion au sein de la communauté et à favoriser une meilleure synergie avec les différentes communautés installées à Abidjan.
Une forte portée historique et symbolique
Le « Djidji Ayokwé » n’est pas un simple objet culturel. Considéré comme un puissant instrument de communication, de rassemblement et de transmission, ce tambour occupe une place particulière dans l’histoire et la mémoire du peuple atchan.
Les populations atchan, par la voix du secrétaire général de la chefferie, Prosper Mobio, ont exprimé leur gratitude aux autorités ivoiriennes, en particulier au Président Alassane Ouattara, pour les initiatives engagées en faveur de la sauvegarde et du retour de ce patrimoine.
Le retour du « Djidji Ayokwé » revêt une dimension historique majeure. Enlevé à la terre de ses ancêtres en 1916 pendant la période coloniale française, le tambour retrouve aujourd’hui son pays d’origine.
Après cette étape traditionnelle à Adjamé, le « Djidji Ayokwé » doit rejoindre le Musée national des Civilisations de Côte d’Ivoire. Son retour constitue ainsi un moment important dans la politique de restitution et de valorisation du patrimoine culturel ivoirien.
Au-delà de l’objet lui-même, cette restitution rappelle le rôle du patrimoine dans la préservation de la mémoire collective, la reconnaissance de l’histoire des peuples et la transmission de leur héritage aux jeunes générations.