La capitale ghanéenne accueille depuis le 10 novembre 2025 la réunion technique annuelle des experts sur la surveillance des maladies zoonotiques prioritaires, une rencontre régionale organisée dans le cadre de l’opérationnalisation de l’approche One Health au sein de la CEDEAO. Pendant quatre jours, les participants venus des États membres examinent les mécanismes de coordination et de partage d’informations afin de renforcer la résilience des systèmes de santé face aux maladies d’origine animale.
À l’ouverture des travaux, le Professeur Samuel Kaba Akoriyea, Directeur général de la Santé du Ghana et représentant du ministre ghanéen de la Santé, a réaffirmé la volonté de son pays de jouer un rôle moteur dans la lutte contre les zoonoses transfrontalières. Il a salué la mise en place d’un cadre institutionnel solide favorisant la collaboration entre les services de santé humaine, les vétérinaires et les autres structures concernées. « Notre système pilote de gestion intégrée des morsures de chien, lancé en 2024, permet une réponse coordonnée et un meilleur accès aux vaccins post-exposition », a-t-il indiqué, tout en soulignant l’importance de l’outil de partage d’informations intersectorielles mis en place au Ghana.

Représentant le ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le Professeur Mamadou Samba, Directeur général de la Santé, a insisté sur la nécessité d’une action concertée et multisectorielle. « La surveillance zoonotique ne relève pas seulement d’un défi technique, mais aussi d’une responsabilité humaine et éthique », a-t-il déclaré. La Côte d’Ivoire, a-t-il rappelé, a réalisé des progrès notables en matière de prévention, avec la vaccination de plus de 200 000 carnivores domestiques en 2024, contre 10 000 en 2016, permettant au pays d’améliorer significativement son niveau de préparation selon l’outil d’évaluation SARE.
Le Dr Diarrassouba Mamadou, Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies, représentant le Directeur général de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), a pour sa part appelé à une harmonisation des systèmes de surveillance. Il a plaidé pour un dispositif régional capable de détecter rapidement, de partager efficacement les données et de coordonner les réponses sanitaires. « Nous devons adopter un modèle collectif reflétant l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale », a-t-il souligné.

Les représentants des partenaires techniques et financiers, notamment le Dr Anthony Ayeke de la Délégation de l’Union européenne auprès de la CEDEAO, Fatima Zanna Husseini de la GIZ, et le Dr Serge Pouam du Secrétariat Quadripartite pour One Health, ont pour leur part mis en avant le rôle déterminant du partage d’informations, de l’innovation numérique et de la coopération régionale dans la lutte contre les zoonoses émergentes.
Cette rencontre d’Accra devrait déboucher sur des recommandations fortes pour renforcer la coordination régionale, standardiser les protocoles et consolider la mise en œuvre de l’approche One Health, devenue essentielle pour prévenir les prochaines crises sanitaires en Afrique de l’Ouest.