En marge du Salon international de l’agriculture de Paris, la Fédération des organisations professionnelles agricoles de producteurs de la filière hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI) a rencontré la diaspora ivoirienne lors d’une conférence de haut niveau organisée samedi 28 février à Paris-Nanterre.
Cette rencontre a été l’occasion pour les responsables de la filière d’exposer les perspectives de développement de l’hévéaculture et d’inviter les Ivoiriens de l’extérieur à participer au financement du Programme d’urgence de renouvellement et d’extension du verger hévéicole (PURE) pour la période 2026-2035.
Devant un auditoire composé d’investisseurs, d’acteurs de la diaspora et de professionnels du secteur agricole, le président du conseil d’administration de la FPH-CI, Dally Jules, a lancé un appel appuyé aux Ivoiriens vivant à l’étranger. Selon lui, la diaspora constitue un partenaire clé pour accompagner la modernisation et l’expansion de la filière hévéa, une culture stratégique pour l’économie nationale et les revenus des producteurs.
Au cœur des échanges figurait la présentation détaillée du PURE par le président du conseil d’administration de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière hévéa, l’APROMAC, Charles-Emmanuel Yacé. Ce programme structurant vise à renouveler et à étendre le verger hévéicole ivoirien afin de renforcer la production nationale de caoutchouc naturel.
Le projet prévoit la création et la réhabilitation de 500 000 hectares de plantations d’hévéa sur une période de dix ans, soit environ 50 000 hectares par an. L’objectif est double : sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles de transformation et améliorer durablement les revenus de plus de 240 000 producteurs à travers le pays.
Pour la FPH-CI, ce programme représente une opportunité majeure pour dynamiser la filière et renforcer son impact socio-économique dans les zones rurales. Dally Jules a ainsi encouragé les membres de la diaspora à saisir cette opportunité d’investissement afin de participer activement à la transformation économique des territoires ruraux, tout en bénéficiant des retombées financières de cette culture d’avenir.
Dans son intervention, Charles-Emmanuel Yacé a également insisté sur les défis auxquels fait face l’hévéaculture ivoirienne. « Dans sa marche pour une hévéaculture durable, compétitive et équitablement rémunératrice pour les acteurs de la chaîne de valeur, des défis conjoncturels et structurels se présentent », a-t-il expliqué.
Selon lui, la réussite du PURE repose sur plusieurs conditions essentielles, notamment une compréhension partagée des enjeux, l’adhésion des acteurs de la filière, une synergie d’actions entre institutions et producteurs, ainsi qu’un accompagnement technique et institutionnel adapté.
Au-delà de l’augmentation des superficies cultivées, le programme ambitionne également de promouvoir un modèle agricole plus durable et plus inclusif. Il prévoit notamment la diffusion de plants améliorés, la professionnalisation des exploitants et le développement de pratiques d’agroforesterie afin de concilier productivité agricole et préservation de l’environnement.
Le PURE entend aussi favoriser une meilleure insertion des jeunes et des femmes dans la chaîne de valeur de l’hévéa. Par ailleurs, l’extension des plantations dans certaines zones marginales appelées à devenir de nouveaux bassins hévéicoles, notamment Bondoukou, Dabakala ou encore Touba, pourrait contribuer à la reconstitution du couvert végétal et à l’amélioration des conditions climatiques locales. Selon les responsables de la filière, l’installation de l’hévéaculture dans ces zones pourrait même favoriser l’augmentation de la pluviométrie.
En invitant explicitement la diaspora à rejoindre cette initiative, Dally Jules entend renforcer la collaboration entre producteurs, investisseurs ivoiriens de l’extérieur et institutions de la filière. L’ambition est de faire de l’hévéaculture un véritable moteur de prospérité territoriale et de consolider la position de la Côte d’Ivoire, premier producteur africain et troisième producteur mondial de caoutchouc naturel.