Éric Sékou Chelle incarne aujourd’hui l’une des figures montantes du banc africain. Ancien défenseur international malien, il s’est forgé une identité d’entraîneur exigeant et méthodique, construite patiemment en France avant d’exploser au plus haut niveau continental.
Déterminé à écrire l’histoire avec le Nigeria, Chelle assume désormais ses ambitions : « personnellement, j’ai envie de remporter la CAN. Les joueurs ont la même envie ». Douze ans après son dernier sacre continental, le Nigeria croit avoir trouvé l’architecte capable de le ramener au sommet du football africain.
Né le 11 novembre 1977 à Abidjan, Éric Sékou Chelle débute sa carrière d’entraîneur à Marseille Consolat en 2016, puis la poursuit au FC Martigues où il reste trois saisons, malgré deux exercices fortement perturbés par la pandémie de Covid-19. Après un passage éclair à l’US Boulogne CO, Chelle connaît une étape majeure en mai 2022 en devenant sélectionneur du Mali. Avec les Aigles, il atteint les quarts de finale de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, éliminé de justesse par le pays hôte au terme d’un match disputé jusqu’aux prolongations.
Son éviction en juin 2024, annoncée par la Fédération malienne et apprise par l’intéressé via les réseaux sociaux, provoque une onde de choc. Quelques mois plus tard, l’entraîneur rebondit pourtant avec autorité. Après une courte expérience au MC Oran en Algérie, il est nommé en janvier 2025 à la tête des Super Eagles.
À la CAN 2025 au Maroc, le Nigeria séduit et impressionne. Jeu de possession assumé, animation offensive fluide et efficacité redoutable : 14 buts inscrits en cinq rencontres. Les Super Eagles proposent l’un des footballs les plus aboutis du tournoi.
« Depuis que j’ai pris la tête de cette sélection, nous avons beaucoup travaillé. Les principes que je voulais mettre en place sont visibles dans cette équipe », souligne Chelle, lucide mais ambitieux. Pendant ce temps, au Mali, les regrets persistent. Les Aigles quittent la compétition sans victoire dans le temps réglementaire et avec un jeu jugé peu convaincant. La comparaison nourrit le débat.