Les acteurs de la filière cacao en Côte d’Ivoire renforcent leur engagement contre le travail des enfants, dans un contexte marqué par des exigences accrues en matière de durabilité et de respect des droits humains. Un atelier de formation, organisé dans le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao », a réuni organisations de la société civile (OSC) et organisations de producteurs agricoles (OPA).
Portée par un consortium dirigé par Inades-Formation Côte d’Ivoire, l’initiative vise à mieux intégrer les enjeux liés à la pauvreté des producteurs, à la déforestation et au travail des enfants dans la gouvernance du secteur.
La formation a mis l’accent sur deux outils clés : le Système de suivi et de remédiation du travail des enfants (SEP/CLMRS) et l’Approche communautaire de protection de l’enfant (ACPE), destinés à aider les coopératives à détecter et traiter les cas au sein des communautés.
« Ce sont elles qui interagissent directement avec les producteurs. Elles sont donc les mieux placées pour intégrer les mécanismes de protection de l’enfant dans la chaîne d’approvisionnement du cacao », explique le formateur Irié Bi Boui Arnaud, tout en rappelant que, malgré les textes adoptés en 2017 sur les travaux dangereux interdits aux enfants, « beaucoup reste à faire ».

Face aux nouvelles normes internationales, notamment celles de l’Union européenne, les coopératives sont appelées à mettre en place des comités locaux et des systèmes de suivi efficaces. « Le cacao ivoirien doit être un cacao sûr, produit dans le respect des droits des enfants », insiste le formateur.
Pour Adou Jean-Claude, responsable de coopérative, la mission évolue : « Nous devons mener des actions concrètes sur le terrain pour que notre cacao soit un cacao pur », dit-il, plaidant pour davantage de sensibilisation.
Kpangba Akissi Patricia souligne, elle, l’enjeu d’image pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial. « Notre cacao ne doit pas être entaché. Cela concerne l’image de notre pays à l’international, notamment vis-à-vis de l’Union européenne », affirme-t-elle.
À travers ce renforcement des capacités, la filière entend consolider un dispositif local durable et préserver la crédibilité du cacao ivoirien sur les marchés internationaux.