Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a officiellement annoncé, ce 25 mars 2026, avoir été saisi par la Fédération sénégalaise de football (FSF) dans le cadre d’un appel contre la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
Au cœur du litige : la décision de la CAF du 17 mars dernier attribuant au Maroc la victoire en finale de la CAN 2025 sur tapis vert (3-0), après avoir déclaré le Sénégal forfait.
Dans son communiqué, le TAS précise que la FSF demande l’annulation pure et simple de cette décision, ainsi que sa reconnaissance comme vainqueur de la compétition. L’instance arbitrale indique également qu’une formation d’arbitres sera prochainement constituée pour examiner l’affaire, selon un calendrier encore indéterminé, notamment en raison d’une demande de suspension des délais formulée par la partie sénégalaise.

Ce recours intervient dans un contexte de fortes tensions autour de cette finale controversée. Le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, s’était exprimé dès le 18 mars pour défendre la position de son institution. Il avait évoqué des incidents ayant « porté atteinte à l’intégrité, au respect, à l’éthique et à la crédibilité des résultats », insistant sur le fait qu’« aucun pays africain ne bénéficiera d’un traitement de faveur ».
Du côté sénégalais, la riposte est ferme. Le gouvernement dénonce une décision « illégale » et basée sur une « interprétation manifestement erronée » des textes. Dans un entretien accordé à la BBC, la ministre de la Justice, Yassine Fall, affirme que le Sénégal dispose d’arguments solides devant le TAS. Elle insiste sur le respect des règles, tout en refusant qu’un résultat acquis sur le terrain soit remis en cause en dehors de celui-ci. Selon elle, les articles invoqués par la CAF auraient été « biaisés et mal appliqués ».
Au-delà de l’opposition entre institutions, cette affaire soulève un enjeu juridique majeur : celui de la compétence et de l’interprétation des règlements sportifs face à des situations exceptionnelles. Le TAS, juridiction suprême en matière de litiges sportifs, devra déterminer si la CAF a correctement appliqué ses propres règles ou si une erreur de droit justifie l’annulation de sa décision.
Interrogé par RFI, Me Brizoua-Bi, avocat ivoirien et membre du TAS, souligne que cette juridiction offre des garanties d’indépendance et de neutralité essentielles pour trancher un dossier aussi sensible. Il rappelle que les parties ont la possibilité de choisir les arbitres appelés à juger l’affaire, renforçant ainsi la crédibilité du processus. Toutefois, il regrette que cette situation « ne fasse pas honneur au football » et appelle à tirer les leçons nécessaires pour restaurer la confiance.
En attendant la décision finale, ce bras de fer judiciaire pourrait durablement marquer l’histoire récente du football africain.