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Nigeria : une quarantaine d’éleveurs peuls tués dans une attaque de milices, sur fond de tensions sécuritaires

Une quarantaine d’éleveurs peuls ont été tués jeudi 29 avril 2026 dans le centre du Nigeria lors d’une attaque attribuée

Une quarantaine d’éleveurs peuls ont été tués jeudi 29 avril 2026 dans le centre du Nigeria lors d’une attaque attribuée à des miliciens nigérians, appuyés par des éléments venus du Bénin voisin, selon des sources locales citées dimanche 3 mai par l’AFP. Les victimes étaient accusées d’être des informateurs du groupe jihadiste Ansaru.

L’attaque s’est déroulée dans l’État du Niger, une région du centre du pays en proie à une insécurité persistante. D’après plusieurs témoignages concordants, des miliciens du district de Bussa ont mené des raids contre des campements d’éleveurs autour de Kabe, dans la zone de Borgu. Les assaillants auraient arrêté des jeunes hommes soupçonnés de collaborer avec Ansaru, exécutant ceux qui opposaient une résistance.

« Ils ont tué 41 informateurs présumés d’Ansaru lors des raids, au cours desquels de nombreux autres ont été arrêtés », a affirmé Ahmad Ali, chef communautaire du village voisin de Konkoso. Une source humanitaire évoque pour sa part un bilan légèrement inférieur, faisant état de 38 morts.

Une opération conjointe présumée

Selon Ahmad Ali, l’attaque aurait été menée dans le cadre d’une « opération conjointe » impliquant des miliciens communautaires nigérians et béninois, avec un appui de soldats nigérians. L’armée nigériane n’a pas souhaité commenter ces allégations dans l’immédiat, tandis que les autorités militaires béninoises n’ont pas réagi aux sollicitations.

Sur le terrain, un habitant de Kabe, Abubakar, décrit une opération présentée comme « préventive », intervenue dans un contexte de fortes tensions. Selon lui, des éleveurs peuls avaient menacé de perturber les activités agricoles locales après l’assassinat de deux des leurs, accusés d’être liés à Ansaru, dans la localité voisine de Sabalunna.

En représailles, le groupe jihadiste aurait attaqué et incendié ce village, promettant de venger ses membres. « Ils ont averti qu’ils ne toléreraient jamais le meurtre de leurs gens », a rapporté Abubakar, confirmant également le bilan de 41 morts.

Un climat sécuritaire explosif

L’État du Niger s’inscrit dans une vaste zone du centre et du nord-ouest du Nigeria, régulièrement frappée par des violences attribuées à des groupes criminels armés, connus localement sous le nom de « bandits ». Ces derniers multiplient les attaques contre les populations, mêlant vols de bétail, enlèvements et pillages.

À cette insécurité chronique s’ajoute, depuis plusieurs années, l’implantation de groupes jihadistes dans la région, dont Ansaru, issu d’une scission de Boko Haram et aujourd’hui affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Les liens ponctuels entre groupes criminels et jihadistes renforcent les inquiétudes des observateurs.

Des représailles qui attisent les tensions
Le ciblage des communautés peules s’inscrit dans un cycle de violences plus large. Dans plusieurs pays du Sahel, le recrutement de Peuls par des groupes jihadistes a entraîné des représailles menées par des forces gouvernementales et des milices, souvent au détriment de civils.

Des experts mettent en garde contre ces actions, estimant qu’elles pourraient aggraver la situation sécuritaire en poussant certains membres de ces communautés à rejoindre des groupes armés pour se protéger.

Au Nigeria, les Peuls, appelés localement Fulanis, sont régulièrement assimilés aux « bandits » en raison de la présence de certains d’entre eux dans ces groupes criminels. Cette stigmatisation a conduit les autorités à fermer des marchés de bétail dans certaines zones, fragilisant davantage une communauté majoritairement composée d’éleveurs, eux-mêmes souvent victimes de violences.

Déplacements de populations

À la suite de l’attaque, plusieurs campements d’éleveurs ont été abandonnés. Des bergers ont fui la zone avec leur bétail, craignant de nouvelles violences, selon des sources locales.

Cette nouvelle flambée de violence illustre la complexité du conflit dans le centre du Nigeria, où s’entremêlent insécurité criminelle, insurrection jihadiste et tensions communautaires croissantes.

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