Au moins 29 personnes ont été tuées dimanche 26 avril après-midi dans une attaque menée par des hommes armés dans l’État d’Adamawa, dans le nord-est du Nigeria, selon les autorités locales et des témoignages d’habitants.
Le gouverneur de l’État, Ahmadu Umaru Fintiri, a confirmé lundi 27 avril le bilan de cette attaque visant la communauté de Guyaku, située dans la zone de gouvernement local de Gombi. D’après son entourage, les assaillants ont pris pour cible un groupe de jeunes rassemblés sur un terrain de football.
Selon plusieurs témoins, les hommes armés ont ouvert le feu de manière indiscriminée. « Ils ont tiré au hasard », a raconté un habitant, précisant que de nombreuses victimes étaient des jeunes, dont certaines regardaient un match de football au moment des faits. Des maisons, des lieux de culte ainsi que des motos ont également été incendiés, aggravant le bilan matériel de l’attaque.
Cette tuerie s’inscrit dans un contexte de violences récurrentes dans l’État d’Adamawa, frontalier du Cameroun. La région est régulièrement le théâtre d’attaques attribuées à des groupes jihadistes comme Boko Haram ou État islamique en Afrique de l’Ouest, mais aussi à des bandes criminelles locales, souvent appelées « bandits ». Les conflits fonciers et les tensions intercommunautaires contribuent également à l’instabilité.
Si le gouverneur a pointé du doigt Boko Haram, l’Iswap a revendiqué l’attaque, affirmant avoir tué plusieurs personnes et incendié des infrastructures, dont une église. Cette rivalité entre groupes armés complique davantage l’identification précise des responsables et la réponse sécuritaire.
Le même jour, une autre attaque a été signalée dans la région de Lamurde, à plus de 100 kilomètres de là. Selon les autorités locales, elle serait liée à des affrontements intercommunautaires autour de questions foncières, faisant également des victimes et d’importants dégâts matériels.
Depuis près de 17 ans, le nord-est du Nigeria est plongé dans une insurrection jihadiste persistante, marquée par des attaques contre des civils et des positions militaires. À cela s’ajoutent d’autres formes de violences, notamment les conflits entre agriculteurs et éleveurs, les activités de groupes criminels et des tensions séparatistes dans d’autres régions du pays.
La situation sécuritaire demeure une préoccupation majeure, tant au niveau national qu’international, à l’approche des prochaines élections générales. Malgré le renforcement de la coopération militaire avec certains partenaires étrangers, les forces de sécurité nigérianes font face à un manque de moyens et à une pression croissante sur le terrain.
Dans ce contexte, les autorités nigérianes continuent de rejeter les accusations selon lesquelles certaines communautés seraient spécifiquement ciblées, affirmant que les violences touchent indistinctement différentes populations, quelles que soient leurs appartenances religieuses ou ethniques.