La région du Gbôklè entend prendre une part active pour transformer la région à travers une double dynamique stratégique : le forum économique « Investir dans le Gbôklè » et la première édition du Festival Arts et Culture « Sékêh ». C’est l’information qui ressort de la conférence de presse tenue le samedi 30 mai 2026, à Cocody.
Face à la presse, Ayéri Bakako Simone, deuxième vice-présidente du Conseil Régional, a au nom du président du Conseil Régional du Gbôklè, Mahamadou Kébé, rappelé que ce territoire de 240 000 habitants, doté de plus de 100 kilomètres de littoral atlantique et de 3 900 km² de terres fertiles, concentre des atouts naturels et économiques encore largement sous-valorisés.
Le premier volet de cette offensive se matérialise par le Forum Économique « Investir dans le Gbôklè », prévu du 8 au 10 octobre 2026 à Sassandra. Les autorités locales ambitionnent de mobiliser au moins 50 milliards de francs CFA d’investissements nationaux et internationaux, à travers cinq secteurs clés : l’agro-business, le tourisme, la pêche, la formation professionnelle et l’économie verte.
Ouagnimin Soro, commissaire général du forum, a détaillé cette ambition de développement.
« Sassandra et Fresco sont deux départements qui se connaissent, qui ont de très grands atouts, que ce soient des atouts touristiques, ils ont été pourvus par la nature. Vous savez que c’est tout un flanc de pratiquement 200 km de littoral qu’ils ont. Nous ne nous limitons pas à l’agriculture, nous voulons aller jusqu’à sa transformation. Comment passer d’une agriculture classique à une agriculture de transformation de telle sorte que, in fine, on ait aussi de l’emploi pour notre jeunesse », a-t-il indiqué.
Pour pérenniser ces projets, le Conseil Régional actera durant ce forum la création de l’Agence de Développement Économique du Gbôklè (ADEG), une Société d’Économie Mixte dotée d’un capital initial de 500 millions de FCFA (51 % public / 49 % privé).

« Ce forum n’est pas un événement de plus. C’est le signal que le Gbôklè prend son destin économique en main. Avec la création de l’ADEG, nous offrons aux investisseurs un interlocuteur unique, professionnel et pérenne », a déclaré Ayéri Bakako Simone.
Le second volet de cette rencontre avec la presse, axé sur le rayonnement immatériel, verra la naissance du Festival « Sékêh », prévu du 31 juillet au 1er août 2026, dans les deux départements que compte la région, Sassandra et Fresco. Conçu comme un outil de cohésion et un levier pour le tourisme culturel, l’événement tire son nom du « Sékêh », un instrument de percussion traditionnel symbolisant l’unité dans la diversité pour les peuples Kodia, Bakwé, Néyo et Godié.
Le commissaire général du festival, Gilles-Estel Gogui, a souligné la nécessité de structurer et de protéger l’industrie culturelle et créative locale.
« Pour la petite histoire dans la création de ce festival-là, c’est que nos chanteurs, nos chansonniers, créent des chansons qu’ils ne déclarent pas. Malheureusement, les autres les récupèrent et ils font ce qu’ils ont à faire. Ces personnes-là qui sont dans la culture même n’ont pas de plateforme sur laquelle s’exprimer », a-t-il fait savoir.
Pour soutenir les artistes, la région a mis en place un studio d’enregistrement totalement gratuit et organisera, durant le festival, des sessions de formation avec le Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur (BURIDA).
« Le Sékêh Festival a été créé pour permettre à ces personnes-là de pouvoir s’exprimer sur une plateforme », a résumé le commissaire général, articulant l’événement autour de quatre piliers : pérenniser, éduquer, divertir et partager.
Le programme prévisionnel du festival combinera des spectacles de danses traditionnelles, des expositions d’artisanat, des défilés de mode valorisant les textiles locaux et un volet social axé sur la sensibilisation à la santé menstruelle des jeunes filles, en partenariat avec une ONG locale.
Notons que le lancement officiel de ces deux événements est prévu pour le 9 juin à l’espace Latrille Event de Cocody.