Depuis le 3 août 2026, la Côte d’Ivoire applique officiellement le conditionnement neutre pour tous les produits du tabac commercialisés sur son territoire. Cette mesure fait du pays le deuxième en Afrique, après l’île Maurice, à mettre en œuvre cette disposition recommandée par la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac.
Prévue par la loi du 23 juillet 2019 relative à la lutte antitabac, cette réforme vise à réduire l’attractivité des produits du tabac, particulièrement auprès des jeunes et des non-fumeurs. Désormais, les emballages doivent être standardisés : disparition des logos, des couleurs distinctives et des éléments promotionnels, au profit d’un conditionnement uniforme mettant davantage en évidence les avertissements sanitaires.
L’annonce de cette réforme avait été faite le 2 juin dernier par le Directeur de Cabinet adjoint du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pr Soro Gona Kountélé, lors de la Journée mondiale sans tabac. Il avait alors dénoncé les stratégies marketing de l’industrie du tabac, qui recourt notamment à des arômes, des additifs et des emballages attractifs pour séduire de nouveaux consommateurs, en particulier les enfants et les adolescents.
Le responsable avait également alerté sur la progression des nouveaux produits de la nicotine. Selon les résultats de l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes (GYTS) de 2023, 14,4 % des garçons et 6,6 % des filles âgés de 13 à 15 ans ont déjà utilisé des cigarettes électroniques. Il avait toutefois relevé une baisse significative du tabagisme chez les adolescents, passé de 14,7 % en 2009 à 4,5 % en 2023, grâce aux mesures déjà mises en œuvre.
The Campaign for Tobacco-Free Kids a salué l’entrée en vigueur du conditionnement neutre en Côte d’Ivoire, estimant que le pays confirme son leadership en matière de lutte antitabac en Afrique. Pour Bintou Camara Bityeik, vice-présidente des programmes Afrique de l’organisation, cette avancée constitue un signal fort adressé aux autres États du continent et démontre qu’une réglementation rigoureuse peut freiner les stratégies commerciales de l’industrie du tabac tout en renforçant la protection de la santé publique, notamment celle des jeunes.