La Côte d’Ivoire s’associe à Mistral AI pour mieux identifier les usages de l’intelligence artificielle susceptibles de répondre à ses priorités nationales. Signé le 17 août 2026 à Abidjan et annoncé le 1er septembre, le partenariat prévoit d’abord un audit de l’écosystème ivoirien de l’IA, avant l’élaboration d’une feuille de route et la mise en place éventuelle de projets pilotes.
La première phase de la coopération consiste à cartographier les acteurs, évaluer les données et les infrastructures disponibles, identifier les besoins en compétences et déterminer les cas d’usage présentant le plus fort potentiel.
L’étude cible plusieurs secteurs prioritaires : l’administration publique, la santé, l’éducation, l’agriculture et les services aux populations. Dans l’agriculture, l’IA pourrait notamment être utilisée pour le suivi des cultures, l’optimisation des intrants et l’anticipation des risques climatiques. Dans la santé, les pistes concernent notamment l’aide au diagnostic, la télémédecine et la gestion des services.
L’administration constitue également un champ d’application important, avec des perspectives autour de l’automatisation de certaines tâches, de la gestion des données et de l’amélioration des services publics. Dans l’éducation et la recherche, l’enjeu porte notamment sur le développement des compétences nécessaires à l’émergence d’un écosystème local de l’IA.
Pour conduire cette mission, Mistral AI s’appuiera sur Artefact Côte d’Ivoire, filiale locale du groupe spécialisé dans la data et l’intelligence artificielle. Cette expertise doit permettre d’évaluer les capacités existantes et les éventuels besoins du pays avant toute phase opérationnelle.
Les premiers enseignements de l’audit doivent alimenter la deuxième édition de la conférence « IMPACT IA », prévue du 9 au 11 septembre 2026 à Abidjan. Les travaux doivent notamment porter sur le diagnostic de l’écosystème, la priorisation des cas d’usage et l’identification des principaux freins au développement de l’IA.
À l’issue de cette phase de diagnostic, une feuille de route opérationnelle doit être élaborée entre le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique (MTNIT) et Mistral AI. Elle doit notamment orienter l’émergence de projets pilotes. Leur nombre, leur nature et leur calendrier de déploiement ne sont toutefois pas encore précisés.
Le partenariat s’inscrit dans la Feuille de route numérique 2026-2028, qui compte 40 projets structurants et fait de l’intelligence artificielle l’un de ses piliers. Il rejoint également les ambitions du Plan national de développement 2026-2030 en matière de modernisation de l’action publique et de compétitivité économique.
Cette coopération intervient après l’adoption, en 2025, des stratégies nationales consacrées à l’intelligence artificielle et à la gouvernance des données. Le gouvernement avait alors annoncé une enveloppe de 1 300 milliards de FCFA sur cinq ans pour la mise en œuvre de sa stratégie nationale d’IA.
Avec Mistral AI, l’enjeu est désormais de déterminer précisément où l’intelligence artificielle peut apporter une valeur ajoutée en Côte d’Ivoire, en fonction des données, des infrastructures et des compétences réellement disponibles. L’audit doit constituer la première étape de cette transition entre ambition stratégique et applications concrètes.