L’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI) a abrité, du 4 au 5 juin 2025 à Marcory, un atelier de réflexion sur le thème « Digitalisation et durabilité dans le secteur postal : rôle du régulateur ». Cette rencontre a réuni des acteurs publics, des opérateurs privés, des institutions étatiques et des experts pour débattre des défis environnementaux et technologiques auxquels fait face le secteur postal ivoirien.
Lors d’un panel consacré à l’impact du changement climatique sur les services postaux, Isaac Gnamba Yao, Directeur général de La Poste de Côte d’Ivoire, a pointé du doigt une concurrence excessive, qu’il considère comme un frein à la structuration du secteur.
« On est trop en concurrence, ce qui fait que le secteur n’évolue pas vraiment », a-t-il affirmé. Il a également appelé à « encourager les partenariats entre les acteurs du secteur privé et public, pour que tout le monde soit gagnant », estimant que la mutualisation des moyens et des savoir-faire peut permettre une adaptation plus rapide aux évolutions technologiques et environnementales.

Représentant le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Ange Patricia Adiko a présenté les trois piliers de la stratégie nationale climatique : « l’atténuation », qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre ; « l’adaptation », destinée à limiter la vulnérabilité et à améliorer la résilience des populations ; et enfin « le financement », indispensable pour concrétiser les projets liés à ces transformations.
Selon elle, « c’est l’affaire de tout le monde », appelant à une mobilisation collective des secteurs concernés.

Elle a également rappelé l’objectif national de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « La Côte d’Ivoire entend réduire de 30,41 % son empreinte carbone à l’horizon 2030 », a-t-elle déclaré.
Soulignant l’importance pour chaque secteur d’intégrer cet objectif dans ses plans d’action
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte de transformation globale du secteur postal, soumis à de nouvelles exigences environnementales et numériques.
En outre, Gahoussou Dosso, Directeur général de Coditrans, a de son côté insisté sur « la mutualisation des acteurs du secteur », notamment pour faire face aux transformations logistiques et numériques exigées par les nouvelles réalités de la distribution postale.
Pour sa part, Amadou Abdou Waziri, directeur des études à l’École Multinationale Supérieure des Postes (EMSP), a souligné la nécessité de « sensibiliser », de « définir le cap en matière d’orientation » et de « créer un cadre de dialogue entre les acteurs du secteur ».
Il a indiqué que la clarté dans les objectifs et la concertation régulière sont des conditions nécessaires à l’efficacité de toute régulation.
L’atelier a ainsi permis d’identifier des pistes d’action pour adapter la régulation aux enjeux actuels, tout en garantissant un développement inclusif et durable des services postaux.