Pour une cacaoculture plus équitable et durable, l’ONG Solidaridad et ses partenaires ont initié un atelier de renforcement des capacités à l’intention des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) membres de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD). Cette formation de trois jours, organisée à Yamoussoukro, vise à outiller les acteurs du secteur sur la notion de revenu vital et sur les leviers permettant d’améliorer les conditions de vie des producteurs de cacao.
L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet de Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire tire une grande part de ses revenus de cette culture.
Le concept de revenu vital défini comme le revenu nécessaire pour garantir à un ménage une vie digne, avec accès à une alimentation saine, un logement décent et des services essentiels s’impose donc comme une réponse incontournable à ce défi.

Selon le docteur Dago Okoubi Arthur, formateur « le revenu décent, c’est le revenu suffisant pour permettre au ménage agricole de subvenir à ses besoins essentiels. Pour y parvenir, il est important d’outiller les producteurs sur les leviers capables de leur permettre de mieux gérer les fonds issus de leurs productions ».
Pour Adon Désiré, co-coordonnateur de la PICD, cette formation est d’autant plus nécessaire que « bien que le cacao soit le socle de l’économie nationale, les producteurs demeurent majoritaires dans les statistiques de pauvreté. Il était donc urgent de trouver des stratégies pour répondre à ce défi ».
Au programme de cet atelier figure l’analyse des méthodes de calcul du revenu vital, l’identification des défis et opportunités liés à l’amélioration des revenus des producteurs, ainsi que la mise en place d’un plan d’action commun.
Les participants travailleront également sur le renforcement de leurs capacités de plaidoyer afin d’influencer positivement les politiques publiques et les pratiques des acteurs de la chaîne de valeur.

« Cette formation nous a permis de mieux comprendre l’importance du revenu décent pour le producteur et d’apprendre de nouvelles techniques de production », a témoigné Kouablan Brou Yvonne, membre de la coopérative Capressa à Abengourou.
L’une des principales recommandations issues de l’atelier concerne la nécessité de renforcer le plaidoyer auprès des structures étatiques et des acteurs privés pour améliorer les revenus bord champ, encourager les primes de durabilité, accroître la productivité et réduire les coûts de production. La diversification des sources de revenus des planteurs a également été identifiée comme une piste essentielle.
À l’issue de cette session, les OPA participantes disposeront d’outils concrets pour formuler des propositions et mener un plaidoyer structuré en faveur d’un revenu vital pour les producteurs. Une étape clé vers une cacaoculture durable, équitable et socialement responsable, au cœur des ambitions de la PICD et de ses partenaires.