Les populations d’animaux sauvages ont connu un déclin massif en Afrique ces cinq dernières décennies, de 80 % en moyenne sur les espèces observées, alerte mercredi le Fonds mondial pour la nature (WWF), à quelques jours de la COP17 sur la biodiversité en Arménie.
« La façon dont le monde produit et consomme les aliments » est la première cause de perte de biodiversité, devant le changement climatique, estime l’ONG de protection de la nature dans son rapport Planète Vivante 2026 publié mercredi.
Entre 1970 et 2022, la taille des populations de vertébrés sauvages – mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons – suivies en Afrique a diminué de 80 % en moyenne, selon l’Indice Planète Vivante (IPV) établi par la société zoologique de Londres (ZSL).
« Le constat du rapport Planète Vivante est un avertissement sévère, mais aussi une exigence d’action », a estimé Durrel Halleson, responsable des politiques et des partenariats du WWF Afrique, lors d’une conférence de presse en ligne mercredi.
À l’échelle mondiale, le déclin est de 73 %. Les régions les plus touchées sont l’Amérique latine et les Caraïbes (-95 %), l’Afrique (-80 %) et l’Asie-Pacifique (-49 %).
Le bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical du monde, qui abrite des éléphants de forêt et des grands singes, est particulièrement sous pression en raison de « l’expansion agricole, de l’exploitation forestière et minière, des routes et d’autres infrastructures qui ouvrent l’accès aux forêts et les fragmentent », ainsi que « de la chasse non durable et du braconnage », détaille le WWF.
Les populations d’éléphants de forêt d’Afrique ont chuté de plus de 60 % au cours des dernières décennies, principalement en raison du braconnage pour l’ivoire et de la perte d’habitat, selon les données de l’organisation.
L’ONG indique également que les éléphants de savane d’Afrique sont « en déclin dans une grande partie de leur aire de répartition » et que l’espèce demeure classée « en danger ».
Les principales menaces pour les populations animales à travers le monde sont « la surexploitation, le changement climatique, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et les maladies », selon le WWF.
L’ONG estime que le fonctionnement actuel du système alimentaire et agricole est « le principal facteur de perte de biodiversité », de « destruction des habitats » et de captation « excessive » des ressources naturelles, devant le changement climatique.
Derrière cette tendance générale à la baisse, l’organisation souligne que ce déclin n’est pas « irréversible » et que la moitié des populations d’animaux sauvages observées sont « stables ou en augmentation », mentionnant « le rétablissement de populations de tortues vertes, de thons rouges, de tigres et de certaines populations d’éléphants d’Afrique australe ».
Appelant à une transformation du système financier pour préserver la biodiversité dans le monde, l’ONG pointe un déficit annuel de financement de la conservation de la biodiversité de 942 milliards $ US.
En 2023, environ 7300 milliards $ US ont financé des activités nuisibles à la nature, contre seulement 220 milliards consacrés à sa protection ou sa restauration, selon le WWF.
AFP