La recrudescence des explosions de bouteilles de gaz butane, notamment les B6 communément appelées « Faitout », suscite une vive inquiétude au sein des ménages. Face à cette situation, les autorités ivoiriennes multiplient les actions pour renforcer la sécurité et encadrer davantage l’usage de ces équipements essentiels au quotidien.
Selon Seydou Coulibaly, Directeur général des Mines et de la Géologie, plusieurs facteurs expliquent ces incidents. « La première cause est relative à la qualité des accessoires qui sont utilisés pour les B6, notamment les brûleurs, les clapets et bien d’autres », souligne-t-il. Il déplore que de nombreux ménages se procurent ces équipements dans des circuits informels, au détriment des normes de sécurité.
À cela s’ajoutent des problèmes liés à la manutention des bouteilles, souvent déformées avant d’arriver chez les revendeurs, ainsi que le facteur humain, marqué par une méconnaissance des bonnes pratiques. L’usage détourné du gaz, notamment pour alimenter des véhicules ou à travers des transvasements illicites, aggrave également les risques.
Malgré l’existence de contrôles rigoureux à toutes les étapes, de la fabrication à la distribution, la forte expansion de l’utilisation du gaz butane, encouragée depuis les années 1990 pour préserver les forêts, a contribué à accroître les risques. Aujourd’hui, ces bouteilles sont présentes jusque dans les zones rurales les plus reculées.
Pour y faire face, le gouvernement renforce les contrôles et la sensibilisation. Des réformes réglementaires sont également en préparation. « Nous sommes avancés sur deux projets de textes, un décret qui va encadrer la fabrication, l’importation, et la commercialisation des accessoires et un arrêté qui va encadrer le contrôle des bouteilles », annonce Seydou Coulibaly.
En attendant leur mise en œuvre, les autorités appellent les populations à la vigilance, au respect des consignes de sécurité et à la dénonciation des pratiques dangereuses, afin de prévenir de nouveaux drames.