Sept Ghanéennes arrêtées pour avoir notamment confectionné des « bouquets d’argent », décorations en billets de banque de plus en plus appréciées, comparaîtront jeudi devant un tribunal d’Accra, a annoncé mercredi la Banque centrale du Ghana à l’AFP.
Les sept femmes avaient été arrêtées lundi, accusées par les autorités d’utiliser des billets de banque pour confectionner des bouquets décoratifs et de faux gâteaux, dans le cadre d’une intensification de la campagne menée par la Bank of Ghana contre les utilisations non conventionnelles de la monnaie nationale.
Les bouquets et gâteaux en billets de banque sont des cadeaux de plus en plus populaires, généralement offerts lors d’anniversaires, de mariages et de remises de diplômes, au Ghana et dans d’autres pays d’Afrique, comme au Nigeria et au Kenya.
Mais au Ghana – comme au Nigeria -, cette pratique est interdite par la loi, qui la considère comme une atteinte à la monnaie nationale.
En juillet, la Bank of Ghana avait annoncé durcir ses sanctions et déclaré que toute utilisation abusive du cedi, la monnaie nationale, pourrait entraîner une arrestation, des poursuites, des amendes ou une peine d’emprisonnement.
« Cette pratique constitue une utilisation abusive de la monnaie et une violation de la loi », a déclaré à l’AFP Dinah Bonzi, responsable du bureau des statistiques au sein du département de gestion monétaire de la Banque centrale.
« Nous mettons en garde le public depuis des années contre l’utilisation abusive des billets de banque et ces arrestations auront clairement un effet dissuasif », a-t-elle ajouté.
Ces arrestations inquiètent certaines petites entreprises qui ont développé un marché autour des bouquets d’argent.
Sandra Smith, pseudonyme d’une créatrice de bouquets qui vend ces produits lors des cérémonies de remise de diplômes universitaires depuis cinq ans, craint ce tour de vis.
« Les bouquets [d’argent] apportent de la couleur et du charme à ces occasions, et les destinataires retirent l’argent immédiatement pour l’utiliser. J’ai le sentiment que les autorités vont trop loin en arrêtant de jeunes femmes innocentes qui cherchent des moyens de se créer un emploi », explique-t-elle.
AFP