Face à la montée en puissance de la désinformation sur les réseaux sociaux, le Centre d’Éducation pour une Société Durable (Centre ESD), en partenariat avec la Deutsche Welle Akademie, organise du 26 au 29 janvier 2026 un camp international de réflexion et de formation dénommé « Barcamp EMI », au Centre Jean-Paul 1er de Kodjoboua, à Bonoua. Placée sous le thème « Ensemble contre la désinformation », cette rencontre réunit 65 jeunes venus de plusieurs pays africains.
Ce camp vise à renforcer la collaboration entre les acteurs de l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) et à former une génération de citoyens plus avertis, critiques et responsables dans leur usage des médias sociaux. Dans un contexte marqué par la multiplication des canaux de communication et l’essor de l’Intelligence artificielle, la diffusion rapide de fausses informations, de contenus manipulés et de discours de haine constitue un défi majeur, notamment en période électorale.

L’Afrique de l’Ouest est particulièrement exposée à ces dérives informationnelles, dans un environnement politique, sécuritaire et économique souvent fragile. En Côte d’Ivoire, la période électorale de 2025 a ainsi été marquée par une circulation massive d’informations erronées sur les plateformes numériques, alimentant la confusion et la polarisation de l’opinion publique.
Ces préoccupations sont partagées à l’échelle mondiale. Selon un sondage réalisé par l’UNESCO auprès de 8 000 personnes dans 16 pays où des élections se sont tenues en 2024, 85 % des citoyens interrogés se disent préoccupés par la désinformation en ligne, principalement véhiculée par les médias sociaux, devenus la première source d’information pour une large part de la population. Des chiffres qui soulignent l’urgence d’actions concertées et coordonnées entre les États et les acteurs de la société civile.

« Cette rencontre vise à créer un espace d’échanges, de mutualisation des expériences et de co-construction d’actions structurées pour renforcer l’esprit critique des citoyens », a expliqué Blandine Angbako, directrice exécutive du Centre ESD, à l’ouverture du camp. Elle a insisté sur l’importance de cibler la jeunesse, considérée comme un levier essentiel du changement, tout en saluant l’appui de la Deutsche Welle Akademie dans la mise en œuvre de cette initiative.
De son côté, Léa Nandzik, représentante de la Deutsche Welle Akademie, a souligné le caractère participatif du Barcamp EMI. « Le contenu vient directement des participants. C’est un moment d’échanges autour de leurs réalités et de leurs besoins, afin d’identifier des stratégies communes de prévention et de lutte contre la désinformation, notamment en période électorale », a-t-elle précisé, ajoutant que le projet s’inscrit dans une démarche de co-créativité.

Les 65 participants, issus du Burkina Faso, du Cameroun, du Niger, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, sont ainsi appelés à réfléchir ensemble aux moyens de faire face à la désinformation, à l’Intelligence artificielle, aux discours de haine et à la radicalisation en ligne.
Engagé depuis 2019 dans la formation politique et l’appui à la participation civique des jeunes, le Centre ESD met en œuvre le programme « EMIvoire », qui promeut l’Éducation aux Médias et à l’Information afin de bâtir une communauté de citoyens éclairés, capables d’évaluer la fiabilité des informations, de distinguer le vrai du faux et de résister à toutes les formes d’extrémisme.