La Côte d’Ivoire veut accélérer la mise en œuvre de son Pacte national de l’énergie et transformer ses engagements en réalisations concrètes. Un atelier consacré à cette question s’est tenu les 9 et 10 septembre 2026 à Abidjan, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD).
Gouvernement, institutions de financement du développement, partenaires techniques et institutions spécialisées ont consacré deux jours à l’identification des actions prioritaires pour accélérer les réformes du secteur, améliorer la préparation des projets et mobiliser les financements nécessaires.
Présenté en janvier 2025 à Dar es Salaam, en Tanzanie, le Pacte national de l’énergie (PNE) constitue la feuille de route de la Côte d’Ivoire pour atteindre ses objectifs énergétiques à l’horizon 2030. Il prévoit notamment l’accès universel à l’électricité, un taux de 50 % d’accès à la cuisson propre, une part de 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique et la mobilisation de 2 milliards de dollars supplémentaires d’investissements privés.
La cuisson propre désigne les modes de cuisson qui limitent fortement la pollution de l’air et les risques sanitaires liés à l’utilisation de combustibles très polluants. Quant au mix énergétique, il correspond à l’ensemble des sources d’énergie utilisées pour produire l’électricité et répondre aux besoins énergétiques d’un pays.
La Côte d’Ivoire a déjà enregistré des progrès. En 2025, 684 735 nouveaux branchements électriques ont permis à environ 3,56 millions de personnes supplémentaires d’accéder à l’électricité. La part de la cuisson propre a atteint environ 41 %, tandis que les énergies renouvelables représentaient 34 % du mix énergétique.
Mais plusieurs défis restent à relever. Sur les 23 actions prévues dans le Pacte, cinq étaient achevées au début de 2026, 12 étaient en cours et six accusaient un retard. Les besoins d’investissement sont estimés à 15,02 milliards de dollars entre 2024 et 2030, dont 6,56 milliards restent à mobiliser.
L’atelier d’Abidjan a notamment insisté sur la maturation des projets, c’est-à-dire le travail qui permet de rendre un projet suffisamment préparé sur les plans technique, financier et juridique avant son financement et sa réalisation. Les participants ont également évoqué les projets solaires, hydroélectriques et de biomasse, ainsi que le transport et la distribution de l’électricité.
La biomasse désigne l’énergie produite à partir de matières organiques, notamment les résidus agricoles ou forestiers. Les échanges ont aussi porté sur les interconnexions régionales, qui permettent à plusieurs pays de relier leurs réseaux électriques et d’échanger de l’électricité.
Pour Souleymane Soro, directeur de Cabinet adjoint du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, « la Côte d’Ivoire entend assumer pleinement son rôle dans les réformes, la préparation des projets et leur suivi ».
De son côté, Wale Shonibare, directeur du Département des solutions financières, de la politique et de la réglementation énergétiques de la BAD, estime que le principal défi est désormais d’accélérer la mise en œuvre des ambitions du pays.
Cet accompagnement s’inscrit dans Mission 300, une initiative pilotée par la Banque africaine de développement et la Banque mondiale qui vise à donner accès à l’électricité à 300 millions de personnes supplémentaires en Afrique d’ici 2030.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est donc double : consolider les progrès déjà réalisés et accélérer les investissements afin de faire de l’accès à une énergie fiable, abordable et durable une réalité pour l’ensemble de la population.