La sélection ivoirienne disputera ses rencontres de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis sans le soutien de supporters venus directement de Côte d’Ivoire. En cause, les difficultés rencontrées pour l’obtention des visas américains, dans un contexte de politique migratoire particulièrement restrictive.
À quelques jours de l’entrée en lice des Éléphants dans la compétition, le Comité national des supporters des Éléphants (CNSE) a exprimé son amertume face à une situation qu’il juge préjudiciable pour l’équipe nationale et ses fidèles supporters.
« Les supporters ont renoncé au voyage parce que l’État américain ne veut pas voir des supporters de certains pays, dont la Côte d’Ivoire, sur son sol. Les États-Unis ont été clairs avec nous en disant qu’ils ne voulaient pas voir nos supporters », a dénoncé le président du CNSE, Julien Kouadio Adonis.

Selon lui, cette situation prive les supporters ivoiriens de leur rôle traditionnel d’accompagnement de la sélection nationale lors des grandes compétitions internationales. « Cette situation nous fait très mal car elle nous empêche d’accomplir notre devoir régalien, c’est-à-dire supporter notre équipe. Nous aurions pu présenter notre culture et notre savoir-faire en matière d’animation dans les tribunes », a-t-il regretté.
Le responsable du CNSE nourrissait pourtant de grandes ambitions pour ce Mondial organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Près de 500 supporters ivoiriens étaient attendus outre-Atlantique afin d’accompagner les champions d’Afrique. Finalement, seule une petite délégation d’officiels de l’organisation a obtenu l’autorisation de voyager.
Même pour ces quelques représentants, les démarches administratives se sont révélées particulièrement complexes. « Cela n’a pas du tout été facile pour obtenir les visas. Il a fallu discuter, négocier pour se faire entendre », a confié Julien Kouadio Adonis.
La mission de cette délégation sera essentiellement d’assurer l’encadrement des supporters ivoiriens déjà installés aux États-Unis. Ces derniers constitueront l’essentiel du soutien populaire dont bénéficieront les Éléphants lors de leurs rencontres.

La Côte d’Ivoire disputera deux de ses trois matches de groupe sur le sol américain. Les hommes du sélectionneur ivoirien affronteront l’Équateur le 15 juin à Philadelphie avant d’y retrouver Curaçao le 25 juin. Entre ces deux rendez-vous, ils croiseront l’Allemagne le 20 juin à Toronto, au Canada.
Cette situation intervient dans un climat marqué par un durcissement des contrôles migratoires américains. Les autorités de Washington avaient d’ailleurs multiplié les mises en garde à l’approche du tournoi. « Votre billet n’est pas un visa », avait notamment rappelé le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Au-delà du cas ivoirien, les restrictions d’entrée sur le territoire américain alimentent déjà les débats autour de cette édition 2026 de la Coupe du monde. L’arbitre somalien Omar Artan aurait ainsi été refoulé malgré la possession d’un visa valide, illustrant les difficultés rencontrées par certains ressortissants étrangers.
Entre contraintes administratives et coût élevé des billets, de nombreuses voix dénoncent un Mondial qui risque d’éloigner une partie des supporters traditionnels du football. Pour les fans ivoiriens, l’absence dans les tribunes américaines restera comme l’une des grandes frustrations de cette compétition, eux qui espéraient accompagner les Éléphants dans leur quête d’un parcours historique sur la scène mondiale.