En Côte d’Ivoire, les autorités multiplient les initiatives pour mieux encadrer la jeunesse et lutter contre les comportements à risque. Cette stratégie passe notamment par le renforcement des centres de service civique, devenus des espaces de formation, d’apprentissage des valeurs citoyennes et d’insertion socioprofessionnelle.
Répartis dans plusieurs localités du pays, notamment à Bimbresso, Bouaké 1 et 2, Guédipko à Sassandra ainsi qu’à Guigréni dans la région de Boundiali, ces établissements accueillent des jeunes en situation de vulnérabilité ou en rupture avec les normes sociales. Sur place, les pensionnaires suivent un programme axé sur la discipline, le respect de l’autorité, la vie en communauté et le sens de la responsabilité.

Pour les jeunes n’ayant jamais fréquenté l’école ou ayant abandonné très tôt le système éducatif, des cours d’alphabétisation sont proposés afin de faciliter leur autonomie dans la vie quotidienne et professionnelle.
« J’apprends la couture et savoir lire et écrire me permet aujourd’hui de prendre moi-même les mesures de mes clientes », confie Joëlle Kouassi, bénéficiaire du programme.
Après cette phase éducative, les participants sont orientés vers des formations pratiques dans différents secteurs d’activité comme la coiffure, la cuisine, l’élevage, le maquillage, la couture ou encore les métiers du bâtiment.
« Mes parents m’ont envoyé ici pour m’aider à changer de comportement. Comme j’aime la mécanique, j’ai choisi la filière BTP afin d’apprendre un métier concret », explique Fidèle Otto, stagiaire volontaire.
À travers cette politique, l’État entend transmettre des repères civiques tout en donnant aux jeunes les moyens d’accéder à une activité génératrice de revenus. En 2025, 55 496 personnes ont bénéficié des différents programmes déployés sur l’ensemble du territoire national.
Le service civique ivoirien a été créé une première fois en 2007 avec la mise en place de l’Office du Service Civique National (OSCN), dans un contexte marqué par la montée de l’incivisme et la faible implication citoyenne d’une partie de la jeunesse. Toutefois, les crises successives traversées par le pays avaient freiné son fonctionnement. Le mécanisme a finalement été relancé en 2016 grâce au décret N°2016-1106 du 7 décembre 2016 définissant ses missions et son organisation.

Placée sous la tutelle du ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, cette structure est dirigée par Amara Coulibaly. L’OSCN a pour mission de coordonner les programmes liés au civisme, au bénévolat et au volontariat, mais aussi de favoriser l’apprentissage professionnel chez les jeunes.
La réforme introduite par la loi n°2023-428 du 22 mai 2023 a permis d’élargir le dispositif. L’âge minimum pour intégrer le service civique est passé de 18 à 14 ans, tandis que la limite fixée auparavant à 35 ans a été supprimée. La durée de formation peut désormais atteindre 24 mois contre 12 auparavant.
Le texte prévoit également la reconnaissance de l’attestation de service civique dans certains concours administratifs ainsi que l’ouverture du programme aux non-nationaux à travers le volontariat international et le volontariat de compétence.
Même si l’adhésion repose avant tout sur le volontariat, le service civique peut devenir obligatoire dans certaines circonstances exceptionnelles, notamment en cas de catastrophe naturelle, de troubles à l’ordre public ou de menace contre la cohésion nationale.