Sous les applaudissements, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté mercredi 25 mars 2026 par 123 voix pour une résolution historique proclamant la traite transatlantique des esclaves africains comme le crime le plus grave jamais commis contre l’humanité.
Portée par le Ghana et l’Union africaine, cette décision est saluée comme une victoire par le continent africain, après des décennies de combat pour la reconnaissance. Elle ouvre la voie à des excuses formelles et à des réparations historiques.
Une qualification sans précédent
Le texte adopté déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme les crimes les plus graves contre l’humanité. La résolution justifie cette qualification par leur ampleur, leur durée (plus de trois siècles), leur brutalité, leur caractère systémique, mais aussi par les conséquences encore visibles aujourd’hui : discrimination raciale et néocolonialisme persistent dans un monde qui porte encore les cicatrices de cette période.
La résolution, bien que non contraignante juridiquement, revêt une portée symbolique et politique considérable. Elle constitue une première étape officielle vers des discussions concrètes sur des excuses formelles des anciennes puissances coloniales et sur le versement de réparations aux nations et populations descendantes d’esclaves.

Le Ghana en tête de pont
Tête de file de l’Union africaine sur la question des réparations, le président ghanéen John Mahama a fait le déplacement à New York pour défendre personnellement ce texte. Bien que non contraignante, la résolution est qualifiée par lui de « historique ». Parmi les mesures concrètes envisagées figurent la restitution d’objets culturels pillés, ainsi que des investissements massifs dans l’éducation et le développement des nations africaines et de leur diaspora.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large : l’Union africaine a proclamé la période 2026-2035 comme décennie d’action pour les réparations et le patrimoine africain, renforçant la pression diplomatique sur les anciennes puissances esclavagistes.
« Aucune autre atrocité dans l’histoire de l’humanité n’a été aussi systémique, aussi longue (plus de 300 ans) avec des conséquences aussi persistantes. Nous ne classons pas la douleur. Nous ne disons pas que notre souffrance a plus de valeur que la vôtre. » a déclaré le chef de la diplomatie ghaneenne à l’ONU.

Les réticences occidentales
Le texte n’a toutefois pas fait l’unanimité. Les États-Unis, l’Israel et L’Argentine ont voté contre, tandis que les 27 États membres de l’Union européenne et le Royaume-Uni ont choisi l’abstention.
Washington a justifié son vote négatif en qualifiant le texte de « hautement problématique », estimant que le droit international ne reconnaît pas de droit légal à des réparations pour des faits qui n’étaient pas illégaux selon les normes juridiques de l’époque. La représentante française, au nom de l’UE, a quant à elle exprimé la crainte que la résolution ne mette « en concurrence des tragédies historiques ».
Ces positions n’ont pas entamé l’enthousiasme des délégations africaines et de la diaspora présentes dans la salle, qui ont accueilli le résultat du vote par une ovation debout. Pour elles, cette journée du 25 mars 2026 marque un tournant dans la longue marche vers la justice mémorielle.