Réunis ce mercredi 22 avril à Abidjan-Plateau, les acteurs clés du domaine de la microfinance ont procédé à la signature officielle de la convention collective sectorielle des systèmes financiers décentralisés (SFD), marquant ainsi une avancée majeure dans la structuration et la professionnalisation de cette branche en pleine croissance. Cette convention vise à encadrer de manière formelle la gestion des ressources humaines, tout en renforçant la stabilité sociale et la compétitivité du secteur.
Cet accord collectif engage l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés de Côte d’Ivoire (APSFD-CI), les organisations syndicales, le patronat ainsi que les structures étatiques, notamment la Direction de la Réglementation du Travail.

Cyrille Tanoé, Directeur exécutif de l’APSFD-CI, salue un « jour très important » pour la microfinance ivoirienne. « Cette convention est le reflet des aspirations communes des acteurs du secteur, tout en constituant un levier pour garantir la paix sociale, améliorer les conditions de travail et renforcer la performance des institutions.»
Il a également rendu hommage aux équipes ayant contribué à l’élaboration du texte, fruit de longues négociations.

La présidente de l’APSFD-CI, Élodie Koffi, a pour sa part insisté sur le rôle stratégique de la microfinance dans l’économie nationale. Avec 45 institutions agréées, plus de 2,5 millions de clients et des encours de plusieurs centaines de milliards de francs CFA, le secteur s’impose comme un pilier de l’inclusion financière. Toutefois, elle a relevé que l’absence d’un cadre social formel constituait une faiblesse. « La fidélisation et la motivation du capital humain deviennent une exigence », a-t-elle affirmé, justifiant ainsi la nécessité de cette convention.
Le processus ayant conduit à cette signature a été long et inclusif. Initié en 2019, le projet de convention a fait l’objet de multiples consultations entre employeurs, travailleurs et autorités publiques. Des ateliers de validation, notamment à Grand-Bassam, ont permis d’aboutir à un document consensuel intégrant les préoccupations de toutes les parties.

Représentant le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, la Directrice des Systèmes Financiers Décentralisés, Hélène Dollo, a salué une « étape déterminante » pour le secteur. Selon elle, «la convention instaure un cadre social cohérent, définissant des normes harmonisées en matière de conditions de travail, de rémunération et de gestion des carrières. »
Elle a également mis en avant le rôle central de la microfinance dans la stratégie nationale d’inclusion financière, notamment en faveur des populations vulnérables.

Du côté des syndicats, l’initiative est accueillie avec satisfaction. Le Dr Yves Codibo, Secrétaire général de l’Union Nationale des Travailleurs de Côte d’Ivoire, a au nom des centrales syndicales, qualifié la convention d’« innovante », estimant qu’elle contribuera à moderniser le secteur et à mieux protéger les travailleurs. Il a insisté sur l’importance du dialogue social, qu’il considère comme un outil essentiel pour prévenir les conflits et favoriser un climat de travail apaisé.

Au-delà de sa signature, le défi réside désormais dans sa mise en œuvre effective. Les autorités appellent à une appropriation par l’ensemble des acteurs afin d’en faire un véritable levier de transformation. Cette convention collective pose ainsi les bases d’un secteur de la microfinance plus structuré, inclusif et durable en Côte d’Ivoire.