Le groupe ivoirien de BTP Porteo amorce une nouvelle phase de son développement avec une stratégie ambitieuse axée sur l’expansion internationale, la diversification de ses activités et la croissance externe. Après avoir bâti sa réputation dans les infrastructures routières, l’entreprise entend désormais changer de dimension et ambitionne de tripler son chiffre d’affaires à l’horizon 2030.
Fort d’un revenu estimé à un milliard d’euros en 2025, le groupe fondé par Hassan Dakhlallah et aujourd’hui dirigé par le Sénégalais Papa Amadou Sarr veut renforcer sa présence sur le continent africain. Déjà implanté dans sept pays, Porteo prévoit de faire son entrée sur de nouveaux marchés anglophones et lusophones, notamment au Ghana, en Angola et en Tanzanie.
Cette offensive régionale reposera principalement sur des projets remportés via des appels d’offres publics, des partenariats public-privé ou encore des concessions. Au Ghana, des discussions sont en cours autour d’un projet routier lié au programme gouvernemental « Big Push », destiné à moderniser les infrastructures du pays. En Angola, les premières opérations concerneront également les routes, tandis qu’en Tanzanie, le groupe a déjà décroché un marché dans le domaine portuaire.
Au-delà de son expansion géographique, Porteo cherche aussi à rééquilibrer son portefeuille d’activités. Actuellement, les infrastructures routières représentent près de 90 % de ses revenus. Une dépendance que la direction souhaite réduire progressivement pour ramener cette part à 60 % dans les trois prochaines années, puis à 50 % d’ici 2030.
Pour atteindre cet objectif, le groupe accélère son positionnement dans de nouveaux secteurs stratégiques. Parmi eux figurent l’eau et l’assainissement, avec plusieurs projets annoncés en Guinée, au Bénin et au Sénégal. Selon des informations relayées, ces initiatives pourraient être menées en partenariat avec un important acteur français du secteur.
Le groupe se positionne également sur le marché des centres de données, après avoir déjà réalisé deux projets, l’un en Côte d’Ivoire et l’autre au Gabon. Porteo entend par ailleurs investir le secteur de l’agro-industrie. Des études sont en cours pour développer des activités agricoles et avicoles au Togo, en Côte d’Ivoire ainsi qu’au Gabon, dans un contexte marqué par les enjeux croissants de souveraineté alimentaire en Afrique.
En parallèle, l’entreprise explore la piste de la croissance externe. Des discussions avancées seraient engagées avec deux sociétés ivoiriennes en vue d’éventuelles acquisitions. À travers ces opérations, Porteo espère non seulement renforcer sa taille, mais aussi accéder rapidement à de nouveaux segments grâce à l’expertise et à l’ancrage de structures déjà établies.
Autre ambition affichée : participer davantage au financement des infrastructures qu’il construit. Le groupe souhaite progressivement évoluer vers un modèle intégré capable d’assurer à la fois la réalisation des projets et leur structuration financière. Dans cette perspective, des échanges sont en cours avec la Banque africaine de développement afin de mettre en place des mécanismes facilitant son implication dans des projets en concession ou en partenariat public-privé.
Avec cette stratégie, Porteo cherche à se rapprocher des grands groupes internationaux du BTP capables de combiner construction, financement et exploitation des infrastructures, à l’image des grands acteurs européens, chinois ou turcs du secteur.