L’enquête sur les incendies qui ont déjà ravagé plus de 2 050 hectares dans la forêt de Fontainebleau, au sud-est de Paris, connaît une avancée majeure. Six personnes ont été placées en garde à vue, dont un pompier volontaire qui a reconnu avoir provoqué l’un des départs de feu, a annoncé ce mardi 14 juillet la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik.
Dans un communiqué, la magistrate indique que ce pompier volontaire, né en 2007 et sans antécédent judiciaire, a reconnu avoir « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence » dans le secteur d’Arbonne-la-Forêt. Un second homme, également né en 2007 et inconnu de la justice, a admis avoir « accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette » dans le secteur de la Faisanderie, près de Fontainebleau.
La procureure précise qu’« aucun lien entre ces deux mis en cause n’a été établi » et que leur garde à vue a été prolongée afin de poursuivre les investigations.
Deux autres hommes, nés respectivement en 1975 et 2005, sont également entendus dans le cadre de l’incendie qui s’est déclaré lundi après-midi et qui avait déjà parcouru près de 450 hectares mardi à la mi-journée. Le plus jeune est connu de la justice pour des infractions routières.
Par ailleurs, deux autres personnes ont été placées en garde à vue dans l’enquête sur le premier incendie, déclenché dimanche aux abords de l’autoroute A6, qui a détruit environ 1 600 hectares en 48 heures et entraîné la fermeture temporaire d’un tronçon autoroutier.
Selon Diane Ngomsik, « l’hypothèse d’un départ de feu susceptible d’être lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l’autoroute A6 fait l’objet de vérifications approfondies ». Le parquet affirme explorer « toutes les hypothèses, tant accidentelle que volontaire ». Dès lundi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait évoqué la possibilité d’une origine volontaire pour ce premier incendie.
Une « journée décisive » pour les secours
Sur le terrain, près de 800 sapeurs-pompiers restent mobilisés pour tenter de fixer les différents foyers. Le porte-parole du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), Paul-Edouard Laurain, a indiqué que les équipes poursuivaient les rotations afin de limiter la fatigue des intervenants. Si quelques reprises de feu persistent, leur intensité est désormais sans commune mesure avec celle des premiers jours.
Lors d’un point de situation, le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, a qualifié ce mardi de « journée décisive », soulignant que les conditions météorologiques étaient plus favorables après une nuit particulièrement difficile. La baisse du vent facilite les opérations aériennes, menées par quatre Canadair, quatre hélicoptères bombardiers d’eau, un Dash équipé de retardant et un hélicoptère de commandement. Des bulldozers ont également été déployés pour créer des pare-feu.
Aucune victime n’est à déplorer, mais de nombreux habitants évacués attendent toujours de regagner leur domicile. Les fumées ont par ailleurs été perceptibles jusqu’à Orléans, à près de 100 kilomètres de la forêt, poussant les autorités à demander à la population de ne pas saturer les numéros d’urgence en cas de simple odeur de brûlé.
Avec ses 25.000 hectares et plus de 15 millions de visiteurs chaque année, la forêt de Fontainebleau est l’un des massifs forestiers les plus emblématiques de France. Ces incendies rappellent que, sous l’effet des fortes chaleurs et de la sécheresse, aucune région du pays n’est désormais à l’abri des feux de végétation.