L’Espace AZK Live, situé à Cocody-Blockhauss à Abidjan, s’est transformé en véritable laboratoire d’idées autour de l’économie circulaire le mercredi 1er juillet 2026, l’ à l’occasion de la 3ᵉ édition du Green Afterwork.
Organisée en marge de l’Assemblée annuelle de l’Alliance Africaine pour l’Économie Circulaire (ACEA), tenue du 30 juin au 2 juillet 2026 à l’hôtel Tiama au Plateau, cette rencontre a permis de rapprocher les réflexions des experts des préoccupations des citoyens autour des enjeux de l’économie circulaire.
Le rendez-vous s’est déroulé dans un contexte particulier. Alors que l’Assemblée annuelle de l’ACEA réunissait à Abidjan des représentants de 23 pays africains, la capitale économique ivoirienne célébrait également la Journée mondiale du Reggae. Le Green Afterwork a ainsi servi de trait d’union entre les débats institutionnels, les initiatives citoyennes et les expressions artistiques.
Venue du Nigeria, Bonmwa Fwangkwal, coordinatrice du Secrétariat de l’ACEA, a ouvert les échanges en présentant les ambitions de cette alliance de gouvernements créée par le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud pour accompagner la transition du continent vers une économie plus durable.
« L’Alliance africaine pour l’économie circulaire est une alliance de gouvernements. Elle travaille à soutenir la transition de l’Afrique vers une économie circulaire qui est bonne pour l’environnement, qui aide le développement du continent et qui crée des emplois pertinents pour l’Afrique », a-t-elle expliqué.
Revenant sur les conclusions de l’Assemblée annuelle, elle a indiqué que le financement des acteurs de l’économie circulaire demeure l’un des principaux défis identifiés par les États membres. Elle a également insisté sur la nécessité d’élargir les actions de sensibilisation à l’ensemble des populations, au-delà des seules administrations en charge de l’environnement.
Selon elle, l’Alliance entend également faire de l’économie circulaire une priorité des discussions africaines lors de la 32e Conférence des Parties (COP32) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, prévue en Éthiopie.
La seconde séquence du panel a donné la parole à Mme Gui Dibo Latta, présidente de la Coopérative agricole Mains Actives et conseillère régionale du Guémon, venue partager son expérience de terrain.
S’appuyant sur des données selon lesquelles près de 70 % de la main-d’œuvre agricole en Afrique est composée de femmes alors qu’elles ne perçoivent qu’entre 28 et 30 % des revenus du secteur, elle a présenté le projet Agrifarm 4.0 développé dans sa région.
« Nous n’avons pas attendu un financement ou un programme gouvernemental. Nous avons regardé les terres autour de nous, des terres basses abandonnées considérées improductives, et nous avons vu le potentiel », a-t-elle déclaré.
Le projet repose sur une approche intégrée associant la valorisation des déchets organiques en biofertilisants, l’utilisation de capteurs d’humidité, de drones agricoles et d’une plateforme USSD permettant aux agricultrices d’accéder à des informations agricoles et météorologiques à partir de téléphones mobiles classiques.
Réagissant à cette présentation, Bonmwa Fwangkwal a salué une initiative qui illustre, selon elle, le potentiel des solutions africaines.
« Je suis très fière de voir que c’est une femme qui le fait », a-t-elle affirmé, rappelant que les pratiques agricoles traditionnelles africaines fondées sur la réutilisation des ressources et les biofertilisants naturels rejoignent pleinement les principes de l’économie circulaire.
Le Green Afterwork s’est également intéressé aux industries créatives. La styliste Oris Ourega Anne Marie a souligné que la mode durable constitue aujourd’hui une réponse aux défis environnementaux, tout en rappelant que les pratiques africaines de réparation et de réemploi existent depuis plusieurs générations.
Invitée surprise de la soirée, l’artiste autodidacte Armand’art déco a présenté ses créations réalisées à partir de cartons, de bouteilles plastiques et d’autres matériaux récupérés.
« Ce que les autres jettent, moi je le transforme. Je fais des tableaux, des vases, des meubles avec du carton et des bouteilles plastiques. Je suis autodidacte », a-t-elle expliqué.
À travers cette troisième édition, le Green Afterwork a confirmé sa vocation de créer un espace de dialogue entre experts, acteurs de terrain, artistes et citoyens afin de rendre les enjeux environnementaux plus accessibles. Entre panel public et émission de radio enregistrée en direct devant les participants, l’initiative a démontré que la transition vers une économie circulaire passe également par la sensibilisation, le partage d’expériences et l’implication des communautés.