La justice marocaine a condamné, jeudi 19 février 2026, 18 supporters sénégalais à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour des faits de « hooliganisme » survenus lors de la finale de la CAN 2025. Les incidents s’étaient produits mi-janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, en marge de la rencontre opposant le Sénégal au Maroc.
Poursuivis pour des actes de violence, de dégradation d’équipements sportifs, d’invasion de pelouse et de jets de projectiles, les prévenus encouraient jusqu’à deux ans de prison ferme. Plus tôt dans la journée, le parquet avait requis la peine maximale contre chacun d’eux.
Lors de l’audience devant le tribunal de première instance de Rabat, le représentant du ministère public a affirmé que les accusés avaient « délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et commis des violences « diffusées en direct sur des chaînes de télévision ». Les poursuites reposaient principalement sur les images des caméras de surveillance du stade ainsi que sur les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés.
Les dégâts matériels ont été évalués à plus de 370 000 euros, selon le parquet.
Les incidents avaient éclaté dans le temps additionnel de la seconde période, après l’octroi d’un penalty au Maroc, intervenu juste après un but refusé au Sénégal. Des supporters sénégalais avaient alors tenté d’envahir la pelouse et lancé des projectiles en direction du terrain, provoquant des échauffourées avec les forces de sécurité.
Dans leur dernier mot, les accusés ont réaffirmé « leur innocence », tout en exprimant leurs « regrets » face aux événements. Selon leur avocate, Me Naïma El-Guellaf, ils ont insisté sur le fait que « les deux peuples, marocain et sénégalais, sont frères ». La défense a par ailleurs contesté la valeur probante des images de vidéosurveillance, estimant qu’elles ne constituaient pas « des preuves irréfutables » de leur culpabilité.
Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait déjà infligé des sanctions disciplinaires aux deux fédérations, assorties d’amendes de plusieurs centaines de milliers d’euros pour comportements antisportifs et violation des principes de fair-play.
Pour Me El-Guellaf, ces sanctions sportives ne devraient pas conduire à une double peine. « On ne peut pas les juger deux fois », a-t-elle plaidé, demandant l’acquittement ou, à défaut, des peines alternatives.
À l’inverse, l’avocat de la partie civile, Me Mustapha Simou, représentant 14 membres des forces de l’ordre, a soutenu que les décisions de la CAF « ne dispensent pas les accusés de leur responsabilité pénale » et qu’elles « confirment leur culpabilité », d’autant que le Sénégal ne les a pas contestées.
Ce verdict intervient dans un contexte de fermeté accrue des autorités face aux violences dans les stades, alors que la CAN 2025 devait symboliser la fraternité et l’unité du football africain.