La Fondation Rosa Luxemburg a ouvert, mercredi 23 septembre 2026 à Abidjan-Plateau, une conférence régionale consacrée aux crises politiques et aux perspectives de consolidation démocratique en Afrique de l’Ouest, en présence du Colonel-Major Silas Mory, représentant le Général Vagondo Diomande, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité.
La rencontre, prévue jusqu’au jeudi 24 septembre, réunit chercheurs, experts, acteurs de la société civile et représentants institutionnels autour du thème : « Crises politiques en Afrique de l’Ouest : repenser les stratégies pour une consolidation des acquis démocratiques ».

À l’ouverture, la responsable de programme de la Fondation Rosa Luxemburg, Marie N’Guettia, a appelé à une conception plus large de la paix, fondée sur les droits, la justice sociale et la participation citoyenne.
« La paix est construite, partagée et renouvelée chaque jour », a-t-elle souligné.

Pour elle, la stabilité durable passe notamment par la réduction des inégalités, la lutte contre les discriminations et un dialogue accru entre les différentes composantes de la société.
Représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Colonel-Major Silas Mory a, de son côté, insisté sur la complexité des crises qui traversent la sous-région. Selon lui, celles-ci ne peuvent être réduites aux seules questions sécuritaires ou politiques.

« Les crises ne peuvent être comprises uniquement sous l’angle sociopolitique », a-t-il relevé.
Il a appelé les participants à examiner également les facteurs économiques, historiques, écologiques et géopolitiques, tout en formulant des propositions concrètes pour renforcer la stabilité régionale.
La conférence inaugurale intitulée « Repenser la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest face aux mutations de l’ordre mondial » a été animée par le politologue nigérian Jibrin Ibrahim. Il a notamment évoqué les crises qui continuent de secouer plusieurs États ouest-africains comme illustration des difficultés liées à la construction nationale et aux questions identitaires.

Le Professeur Jibrin Ibrahim a mis en garde contre le retour des régimes militaires et appelé à ne pas opposer systématiquement les pays selon leur positionnement vis-à-vis des puissances étrangères.
Pour l’universitaire, la question centrale reste celle de la place des populations dans les choix politiques et économiques.
« Les citoyens doivent être au centre du contrôle de nos ressources et de nos processus démocratiques », a-t-il affirmé.

Les échanges portent notamment sur les déficits de gouvernance, les inégalités, l’accès aux services publics, les tensions autour des ressources naturelles, les effets du changement climatique et la progression des groupes armés.
Les participants examinent également l’avenir de l’intégration régionale, dans un contexte marqué par les tensions entre la CEDEAO et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que par la recomposition des partenariats internationaux.
La rencontre doit déboucher sur un document de consensus proposant des orientations en matière de démocratie, de paix, de justice sociale, de souveraineté économique et d’intégration régionale.