Le Centre d’Éducation pour une Société Durable (Centre ESD) a organisé, le 28 mai 2025 à Abidjan, la première édition de la « Classe Ouverte Politique », une plateforme d’échanges consacrée aux enjeux de la décentralisation en Côte d’Ivoire. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme École Citoyenne d’Engagement Politique (ECEP).
Placée sous le thème « Collectivités territoriales et développement local : cadre normatif et enjeux du transfert effectif des compétences », l’initiative visait à mieux faire comprendre les fondements juridiques de la décentralisation et les défis liés à l’autonomisation des collectivités locales.

À cette occasion, le Dr Aman N’Gbesso, chef de service à la Direction du développement local au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, a rappelé que la décentralisation est effective en Côte d’Ivoire depuis l’adoption du cadre normatif en 2003.
Selon lui, seize domaines de compétences, notamment l’aménagement du territoire, la santé, l’hygiène et l’éducation, ont déjà été transférés aux collectivités territoriales. Les secteurs régaliens tels que la justice, la diplomatie et la défense demeurent toutefois sous l’autorité exclusive de l’État.
« Le développement local est une affaire de tous. Il ne concerne pas uniquement les élus locaux », a-t-il souligné, tout en reconnaissant des difficultés liées à l’insuffisance des textes d’application et au manque de ressources financières.
De son côté, l’enseignant-chercheur en sciences politiques, Dr Essis Botiagne Marc, a insisté sur la dimension inclusive du développement local, fondé selon lui sur trois piliers : le développement économique local, le développement humain local et le développement durable.
Il a estimé que la réussite de la décentralisation dépend de l’implication des acteurs locaux dans la planification, l’exécution et l’évaluation des politiques publiques. Il a également évoqué des freins politiques, financiers et cognitifs.
« Si les populations ne connaissent pas leurs droits ou si les élus maîtrisent insuffisamment leurs prérogatives, la décentralisation ne peut produire tous ses effets », a-t-il indiqué.

La directrice exécutive du Centre ESD, Blandine Angbako, a pour sa part souligné l’importance de collectivités plus autonomes face aux défis sécuritaires et sociaux.
La présidente du Centre ESD, Raphaëlle Kouassi, a expliqué que cette initiative vise à sensibiliser les citoyens aux enjeux de gouvernance locale et à promouvoir des collectivités territoriales plus performantes.
Elle a plaidé en faveur de collectivités territoriales plus performantes afin d’améliorer les services de proximité, de mieux accompagner l’urbanisation et de renforcer la confiance des populations envers les institutions publiques.
Lancée en janvier 2026, l’École Citoyenne d’Engagement Politique (ECEP) ambitionne de promouvoir la culture démocratique et l’engagement citoyen responsable auprès des jeunes. À travers ce programme, le Centre ESD entend contribuer à la formation d’une nouvelle génération de citoyens mieux informés, plus engagés et davantage impliqués dans la vie publique.