La 68ᵉ cérémonie des Grammy Awards s’est tenue le dimanche 1er février 2026 à Los Angeles, sous l’égide de la Recording Academy, avec une diffusion mondiale. Comme chaque année, l’événement récompense les artistes et les œuvres qui ont marqué l’industrie musicale au cours des douze derniers mois. Mais en 2026, un constat s’impose avec encore plus de force : la musique africaine occupe désormais une place centrale sur la scène mondiale.
De Lagos à Johannesburg, d’Accra à Nairobi, les sonorités africaines influencent les tendances, façonnent les playlists internationales et nourrissent l’imaginaire collectif. Afrobeat, amapiano, pop ou fusions contemporaines : les artistes du continent ne sont plus en marge, ils sont au cœur du débat culturel mondial.
Le premier moment fort de ce week-end des Grammy est survenu samedi 31 janvier, lors des Special Merit Awards. Le légendaire Fela Kuti a reçu, à titre posthume, un Grammy d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Une distinction historique, qui fait de lui le premier artiste africain à recevoir cette récompense prestigieuse. Ses enfants, Yeni, Kunle, Shalewa et Femi Kuti, ont accepté le prix en son nom. « Je suis sûr que mon père nous regarde avec fierté », a déclaré Yeni Kuti, dans un discours chargé d’émotion.

Dimanche soir, lors de la cérémonie d’ouverture, la star sud-africaine Tyla a confirmé son statut international en remportant le prix de la Meilleure performance musicale africaine grâce à son single Push 2 Start. Il s’agit de son deuxième sacre dans cette catégorie, deux ans après un premier succès retentissant. Elle a devancé des poids lourds de la scène africaine tels que Burna Boy, Davido, Omah Lay, Eddy Kenzo, Ayra Starr et Wizkid, pour le seul prix exclusivement dédié à la musique africaine.
Tous les artistes africains en lice n’ont toutefois pas connu le même succès. Angélique Kidjo s’est inclinée dans la catégorie Meilleure performance musicale internationale pour sa reprise de Jerusalema. Burna Boy, avec No Sign of Weakness, et Youssou N’Dour, avec Éclairer le monde, ont également été battus dans la catégorie du Meilleur album de musique internationale.

Autre victoire notable pour la diaspora africaine : l’artiste nigérian-américain Shaboozey a remporté le Grammy de la Meilleure performance country en duo/groupe pour Amen, en collaboration avec Jelly Roll. Dans son discours, il a tenu à rappeler la contribution des immigrés à la construction des États-Unis, un message fort dans le contexte politique actuel.
Au-delà des trophées, ces nominations et distinctions traduisent une évolution profonde. La Recording Academy poursuit l’internationalisation de son corps électoral, intégrant davantage de voix issues de cultures musicales diverses. Cette ouverture permet une reconnaissance plus juste des talents africains, déjà illustrée en 2025 par la victoire de Tems ou celle du flûtiste sud-africain Wouter Kellerman.
Les Grammy Awards 2026 confirment ainsi une tendance irréversible : la musique africaine est bel et bien installée sur la scène mondiale. Reste à savoir jusqu’où s’étendra cette influence et comment elle continuera de remodeler le paysage sonore international. Une chose est sûre, le continent impose désormais son rythme.