La Côte d’Ivoire accélère sur l’intelligence artificielle. À l’ouverture de la 2ᵉ édition d’Impact IA, ce jeudi 10 septembre 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a appelé à passer « résolument de la vision à l’exécution », avec des applications concrètes dans l’administration, l’agriculture, la santé, l’éducation et l’économie.
Après une première édition consacrée à la définition des grandes orientations, le gouvernement ivoirien veut désormais obtenir des résultats tangibles. Placée sous le thème « De la vision aux cas d’usage : structurer l’IA nationale pour résoudre nos défis prioritaires », la conférence Impact IA 2026 réunit pouvoirs publics, entreprises, chercheurs, startups, universités et partenaires internationaux.

Pour Robert Beugré Mambé, l’enjeu est de répondre à cinq questions prioritaires : comment rendre l’administration plus efficace ? Comment renforcer la compétitivité de l’économie ? Améliorer la productivité agricole ? Renforcer le système de santé ? Et mieux préparer les jeunes aux métiers de demain ?
« À la fin de ces assises, nous devons savoir ce que nous devons faire, dans quel ordre, avec quelles ressources, avec quels responsables et selon quel calendrier », a-t-il déclaré.
Les travaux préparatoires ont permis d’identifier 11 cas d’usage de l’IA dans cinq secteurs prioritaires : administration, agriculture, éducation, santé et secteur privé.

Le gouvernement entend désormais constituer un portefeuille de projets prioritaires, identifier les infrastructures et compétences nécessaires et élaborer une feuille de route opérationnelle et budgétisée.
Données, capacités de calcul, cloud, énergie, financement, cybersécurité et gouvernance figurent parmi les conditions jugées indispensables.
Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Ibrahim Kalil Konaté, a annoncé plusieurs partenariats stratégiques.

La Côte d’Ivoire travaille notamment avec Mistral AI sur les capacités nationales, les données, les infrastructures et le déploiement de solutions adaptées aux besoins du pays.
Un partenariat avec la Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence (MBZUAI) doit également renforcer la formation et les compétences ivoiriennes en intelligence artificielle.
« Nous ne sommes plus dans le temps des grandes déclarations d’intention, nous sommes bel et bien rentrés dans le temps de l’exécution, du suivi et des résultats mesurables », a souligné le ministre.
Autre annonce majeure : le gouvernement a autorisé le ministère à octroyer les fréquences aux opérateurs afin de permettre le lancement prochain de la 5G en Côte d’Ivoire.
Cette mesure s’inscrit dans le plan d’accélération numérique 2026-2028, articulé autour de sept piliers et de 40 projets prioritaires.
L’ambition ivoirienne dépasse ainsi l’utilisation des technologies existantes. Le pays veut développer la capacité de comprendre, maîtriser, adapter et utiliser l’IA au service de ses propres priorités.
Pour le Premier ministre, la Côte d’Ivoire doit également contribuer à faire de l’Afrique « le terreau de l’intelligence artificielle ».
Le défi est désormais clairement posé : transformer les ambitions en projets, les projets en investissements et les investissements en résultats visibles pour les populations.