L’Afrique doit désormais s’approprier les technologies de l’intelligence artificielle afin de développer des solutions adaptées à ses réalités économiques et opérationnelles. C’est le message porté par Franck Kouekong, président de ST Alex, lors d’une rencontre organisée le 28 mai 2026 à Abidjan-Cocody autour des innovations technologiques appliquées à la sécurité et à la performance des entreprises.
Face à des chefs d’entreprises, responsables techniques et décideurs du secteur privé, l’expert a dénoncé la forte dépendance des entreprises africaines vis-à-vis des technologies importées.
« Les entreprises africaines importent encore trop de solutions conçues ailleurs, souvent sans réelle prise en compte de leurs réalités opérationnelles », a-t-il déclaré.

Pour Franck Kouekong, l’enjeu n’est pas de rejeter les technologies étrangères, mais de permettre aux compétences africaines de les exploiter, les maintenir et les adapter durablement. ST Alex mise ainsi sur trois piliers : la centralisation des données, la digitalisation des processus et l’intelligence artificielle.
L’entreprise, déjà présente en Côte d’Ivoire, au Togo et en Guinée, prévoit d’étendre ses activités au Gabon, au Sénégal et en Angola.
Au cours de la rencontre, le directeur des opérations de ST Alex, Kakanou Alexis, a présenté plusieurs applications concrètes de l’intelligence artificielle dans les secteurs industriel et sécuritaire.
Dans le domaine de la construction, des systèmes de vision intelligente permettent notamment de contrôler automatiquement le port des équipements de protection sur les chantiers et de signaler les manquements en temps réel.
Dans l’industrie, ces technologies facilitent la détection des anomalies de production, des défauts de fabrication ou encore des erreurs d’emballage, contribuant ainsi à améliorer la qualité et la productivité.
L’une des innovations les plus remarquées concerne la détection précoce des incendies. Grâce à l’analyse vidéo assistée par intelligence artificielle, les systèmes peuvent identifier les premiers signes d’un départ de feu avant même le déclenchement des détecteurs traditionnels.
Les solutions présentées permettent également d’anticiper certains risques environnementaux, notamment les inondations et les crues, grâce à des dispositifs de surveillance capables de générer automatiquement des alertes.
Les responsables de ST Alex ont aussi insisté sur la question de la protection des données personnelles et de la conformité réglementaire des systèmes déployés.
Pour Franck Kouekong, les entreprises africaines comprennent progressivement que l’intelligence artificielle constitue désormais un véritable outil de compétitivité.
« Ce n’est pas une dépense. C’est un investissement », a-t-il insisté.
À travers cette initiative, ST Alex entend sensibiliser les entreprises africaines aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle tout en encourageant le développement de compétences locales capables d’accompagner durablement la transformation numérique du continent.