Le Gabon a annoncé la suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national, une décision prise par la Haute Autorité de la Communication (HAC) afin de lutter contre les dérives liées à l’usage des plateformes numériques. Cette mesure concerne notamment Facebook, WhatsApp et d’autres applications de messagerie et de partage, et restera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ».
Selon le communiqué officiel, la HAC justifie cette décision par la multiplication de contenus jugés diffamatoires, haineux ou injurieux, susceptibles de menacer la cohésion sociale et la stabilité des institutions. Les autorités mettent également en avant la propagation de fausses informations et de discours violents, considérés comme un danger pour la paix publique.
La suspension des réseaux sociaux s’inscrit dans une logique de régulation de l’espace numérique. Elle vise à protéger les citoyens contre le cyberharcèlement et les campagnes de désinformation, tout en préservant la sécurité nationale. Toutefois, cette mesure suscite un vif débat : si certains y voient une réponse nécessaire aux abus en ligne, d’autres dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et à l’accès à l’information.
Le Gabon n’en est pas à sa première restriction numérique. Des mesures similaires avaient déjà été prises lors de périodes électorales ou de tensions politiques, traduisant une volonté des autorités de contrôler la circulation de l’information dans des contextes sensibles.
Yoann APIA