L’ancienne vice-présidente du Liberia, Jewel Howard Taylor, a été inculpée mercredi 19 août pour son implication présumée dans un réseau international de trafic de stupéfiants. Son arrestation intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le narcotrafic, marqué par une saisie record de cocaïne dans le pays.
Âgée de 63 ans, Jewel Howard Taylor a été interpellée à l’aéroport international Roberts de Monrovia alors qu’elle s’apprêtait à quitter le territoire. Elle a ensuite été conduite au quartier général de la police dans la capitale, selon le ministère libérien de la Justice.
L’ancienne vice-présidente est notamment accusée d’« importation et de vente » illicites de drogues, dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé « réseau de trafic de stupéfiants opérant à l’intérieur et au-delà du Liberia ».
Trois autres personnes, deux Croates et un Ukrainien, sont également visées par l’inculpation. Présentés comme des membres et organisateurs présumés du même réseau transnational, ils sont actuellement recherchés par les autorités libériennes.
L’inculpation de Jewel Howard Taylor constitue un coup de tonnerre dans la sphère politique libérienne. Ex-épouse de l’ancien président et chef de guerre Charles Taylor, elle a occupé le poste de vice-présidente entre 2018 et 2024 sous la présidence de George Weah. Elle avait auparavant été sénatrice pendant douze ans, de 2006 à 2018.
Charles Taylor, qui a dirigé le Liberia de 1997 à 2003, a été condamné en 2012 par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Cette affaire intervient quelques semaines après la plus importante saisie de cocaïne jamais réalisée au Liberia. Les autorités ont annoncé la découverte de près de quatre tonnes de drogue, dont la valeur est estimée à plus de 317 millions de dollars, soit environ 276 millions d’euros.
Le 7 juin, 237,6 kilogrammes de cocaïne avaient notamment été saisis près de l’aéroport international Roberts. La drogue était dissimulée au milieu d’une cargaison commerciale destinée à l’exportation. La valeur de cette seule cargaison était estimée à environ 19 millions de dollars.
Face à l’ampleur du trafic présumé, le président Joseph Nyuma Boakai a renforcé le dispositif de lutte contre les stupéfiants. Le 10 août, il a nommé un nouveau directeur de l’Agence libérienne de lutte contre la drogue, en attendant la confirmation de sa nomination par le Sénat.
En juillet, le chef de l’État avait également limogé une douzaine de responsables gouvernementaux et ordonné l’ouverture d’enquêtes contre certains d’entre eux à la suite des importantes saisies de drogue.
L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue du réseau présumé et les éventuelles responsabilités de ses différents membres.